31.05.2007
La Tenségrité en mouvement (Tensegrity in motion)
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04.03.2007
L'orient rencontre l'occident - une discussion sur la Médecine Préventive
Dr. Reid, qu’estimez-vous être les avantages respectifs de la médecine Orientale et de la médecine Occidentale ? Plus particulièrement dans votre pratique de la médecine, comment différenciez-vous l’orient de l’occident d’après vos propres observations et expériences ?
Pour aller directement au coeur du sujet, pour parler de manière générale, l’occident s’occupe très bien des maladies graves et de l’urgence, et l’orient s’occupe très bien des maladies dégénératives et chroniques.
Le système de santé américain fait partie des plus grosses dépenses publiques et s’enorgueilli d’utiliser une technologie sophistiquée. Cette approche marche bien avec des problèmes médicaux graves, mais est défaillante avec les maladies chroniques.
L’utilisation de la médecine occidentale est plus pertinente dans les situations de crise, d’urgence, les maladies sévères, les traumatismes, les maladies qui évoluent rapidement, les maladies qui impliquent des organes vitaux, les maladies compliquées qui représente 20% des cas.
Ce que la médecine occidentale peut et ne peut pas faire pour vous
Elle peut :
- Gérer un traumatisme mieux que n’importe quel autre système de médecine
- Diagnostiquer et traiter un grand nombre d’urgences médicales et d’opérations
- Traiter de sérieuses infections bactériennes avec des antibiotiques
- Traiter certaines infections dues à des parasites ou à des champignons
- Prévenir beaucoup de maladies infectieuses en les immunisant
- Diagnostiquer des problèmes médicaux complexes
- Remplacer une hanche ou un genou endommagé
- Obtenir de bons résultats en chirurgie réparatrice et esthétique
- Diagnostiquer et corriger des déficiences hormonales
Elle ne peut pas:
- Soigner la plupart des états dégénératifs chroniques
- Gérer efficacement la plupart des types de maladie mentale
- Soigner la plupart des formes d’allergie et de maladies auto-immunes
- Gérer efficacement les maladies psychosomatiques
- Soigner la plupart des cancers
(De la médecine intégrative, par Andrew Weil, médecin)
Au début du 20ème siècle, l’espérance de vie moyenne était de 47 ans et les gens mourraient la plupart du temps de maladies infectieuses. En 1990, l’espérance de vie s’élevait à 75 ans, les principales causes de décès étaient les attaques cardiaques, les maladies auto-immunes et le cancer ; qui sont des maladies chroniques.
Il a été estimé que plus des deux tiers des visites médicales chez les spécialistes concernaient des affections gastro-intestinales persistantes, comme le syndrome du colon irritable. Une autre cause majeure d’absence au travail est le mal de dos (80% des Américains souffriront d’un épisode de mal de dos durant leur vie) et les migraines, des cas que la Médecine Traditionnelle Chinoise traite avec succès.
Les patients sont également demandeurs de formes de thérapie moins agressives et sont de plus en plus concernés par la toxicité des médicaments pharmaceutiques. Il est nécessaire de mettre fortement l’accent sur la prévention et le bien-être, donc le défi actuel de la santé est d’identifier les approches complémentaires et intégratives qui fonctionnent pour le traitement des maladies chroniques.
- Le domaine le plus fort de la médecine Chinoise est en fait le plus faible de la médecine conventionnelle : le domaine des maladies chroniques.
- La capacité de la MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise) à prévenir des problèmes avant qu’ils affectent le corps physique offre des avantages significatifs pour les problèmes chroniques de santé d’aujourd’hui.
En particulier en tant que médecin, qui devint plus tard un praticien de Médicine Traditionnelle Chinoise, comment différenciez-vous l’orient et l’occident si vous vous basez sur vos propres expériences et observations ?
Durant ma formation de médecin, on m’a enseigné que c’est l’intervention extérieure qui provoque la guérison. Mais cette intervention extérieure est juste un facilitateur qui permet au mécanisme de guérison de faire son travail. Par exemple, si un patient à une sévère pneumonie et que nous lui donnons des antibiotiques, nous croyons que ce sont les antibiotiques qui l’ont soigné, mais ce que font les antibiotiques c’est réduire le nombre d’organismes pathogènes, comme les bactéries, à des niveaux où le système immunitaire, autrement débordé, peut s’occuper du reste des envahisseurs. En fin de compte, c’est notre propre mécanisme de guérison, notre système immunitaire, qui est responsable de la guérison.
Les trois niveaux mental/corps/esprit
L’occident regarde le physique, l’orient regarde au niveau des symptômes physiques, au niveau des émotions, des organes et par-dessus tout au niveau du filtre de l’esprit, et se concentre sur les émotions et l’esprit pour soigner le physique.
L’orient s’intéresse à l’état des relations entre les différentes parties, à l’intérieur du corps, l’occident s’intéresse aux entités de la maladie. La MTC met fortement l’accent sur la relation avec la nature et l’environnement.
L’occident met l’accent sur une source extérieure de guérison (la chirurgie, les médicaments, les interventions physiques). L’orient recherche à doper les mécanismes de guérison internes pour qu’en retour, ait lieu la guérison.
Donc d’un point de vue où la guérison vient de l’intérieur, nous pouvons soit regarder à une amélioration de la capacité de guérison, comme en tonifiant ou en fortifiant le système immunitaire (quelque chose dont un système comme la MTC a une expérience considérable) ou nous pouvons nous intéresser à « ce qui se passe dans la manière », et qui empêche la réponse de guérison, pour trouver des moyens de l’évacuer, pour que le corps puisse faire son travail.
Le nouveau point de vue de la médecine qui émerge actuellement aux Etats-Unis est que la santé résulte d’un travail avec le corps plutôt que contre le corps (anti-inflammatoires, anti-diurétiques, anti…) Par exemple, le développement des antibiotiques pour combattre les bactéries…aujourd’hui les bactéries développent de plus en plus de résistance et cela est devenu un problème de santé majeur à l’hôpital. En orient, et particulièrement en Chine, la médecine a exploré des moyens d’augmenter les résistances internes à la maladie par l’usage d’herbes énergisantes, ainsi, peu importe à quel point vous êtes exposé à des influences néfastes, vous pouvez resté en bonne santé. La résistance ne se développe pas contre les herbes car elles n’agissent pas contre les germes mais agissent avec les défenses du corps.
Vous étiez déjà médecin lorsque vous avez embrassé l’étude de la pharmacologie et de l’acupuncture Chinoise. Qu’est-ce qui vous a motivé à faire ce changement ?
Ma propre expérience de la médecine à l’université fut très similaire de ce que j’ai entendu dire une fois par le Dr Andrew Weil, directeur du programme familiale de médecine intégrative à l’université d’Arizona. J’ai omis l’importance du contact avec le patient, de l’effet du régime sur sa santé, et de la prévention. Et depuis ma perspective actuelle, j’ajouterai l’impact puissant de notre dialogue intérieur.
Un autre problème important pour moi était que je ne me suis jamais senti à l’aise avec l’inconsistance qu’il y avait entre ce que nous représentions en tant que médecins, et la façon dont nous vivions. Ce que je veux dire c’est qu’après un certain temps, j’ai commencé à sentir qu’il manquait quelque chose, qu’il y avait un décalage entre ce que nous disions aux patients et la façon dont vivions nous-mêmes. L’écart était trop grand.
En MTC j’ai trouvé peut-être la plus radicale infraction que l’on puisse commettre envers la médecine conventionnelle qui est traditionnellement enseigné : cela me demandait, en tant que praticien, d’être un exemple de guérison et de m’investir dans ma propre exploration.
C’est peut-être un des éléments les plus essentiels dans l’approche de la MTC : le praticien et le patient sont partenaires dans le processus de guérison, plutôt qu’une approche où le médecin, placé sur un piédestal, transmet son savoir au patient. La relation médecin-patient implique la responsabilité du patient pour sa propre guérison, et un échange d’information qui améliorera le processus de guérison. Ce modèle établie un parallèle avec l’émergence du champ de la médecine intégrative, dont beaucoup croit qu’elle sera le futur modèle de santé aux Etats-Unis.
Qu’est-ce que la Médecine Traditionnelle Chinoise ? Comment ça marche ? Comment la science occidental l’explique t-elle ?
Aujourd’hui, dans la plupart des cultures occidentales, l’ancien art médical d’acupuncture est considéré comme une « nouvelle médecine alternative ». En réalité, l’acupuncture et l’herboristerie chinoise sont appliquées comme traitements médicaux depuis plus de 5000 ans. En gros, l’acupuncture est l’apposition de très fines aiguilles sur la surface du corps, en vue d’influencer le fonctionnement physiologique du corps.
Comment ça fonctionne ?
D’un point de vue scientifique, les mécanismes principaux d’action semblent être la stimulation des neurotransmetteurs et des hormones du système nerveux, ce qui affecte le système immunitaire et régule les réponses de guérison, et la libération de calmants biochimiques comme les endorphines. Depuis sa position de système médical, la MTC décrit ses effets comme étant le résultat de l’équilibre des forces (yin-yang) dans le corps, ce qui en retour a pour résultat des changements physiologiques bénéfiques.
La base de l’acupuncture est la théorie selon laquelle le corps possède une force énergétique qui circule partout dans le corps, une force appelée Qi. Le Qi comporte deux parties, Yin et Yang. Le Yin et le Yang sont les forces opposées, qui lorsqu’elles sont équilibrées, fonctionnent ensemble.
Le Qi repose sur toutes les activités fondamentales de la vie, qui incluent les aspects spirituel, émotionnel, mental et physique de la vie. La santé d’une personne est influencée par le flux du Qi dans le corps. Le Qi voyage partout dans le corps le long des « méridiens » ou sentiers spéciaux. Les points d’acupuncture sont des endroits spécifiques où les méridiens arrivent à la surface de la peau, et sont facilement accessibles pour « l’aiguillage ». L’énergie circule constamment en va-et-vient sur ces sentiers. Lorsque les sentiers sont obstrués, déficients, chargés ou simplement déséquilibrés, l’équilibre du Yin et Yang est dérangé. Cela provoque la maladie. L’acupuncture est là pour rétablir l’équilibre.
Les modalités de la TMC ne se réduisent pas à la pratique de l’acupuncture, elles englobent aussi l’acupressure (Tui-na), la pharmacologie, le Qicong, la psychologie chinoise – la compréhension des relations entre les émotions et le corps physique, et les prescriptions diététiques pour guérir.
Est-ce l’acupuncture et la TMC gagnent en reconnaissance en occident ? Où sont-elles le plus pratiquées ? Selon vous, qu’est-il possible de faire pour améliorer son acceptation et son accessibilité ?
En guise d’anecdote, le moment qui a eut peut-être le plus d’influence pour le développement de l’acupuncture aux Etats-Unis, fut lorsque le Président Richard Nixon visita la Chine en 1972. James Reston, un ancien correspondant du New York Times qui accompagnait Nixon, développa une appendicite aigue pendant le voyage et fut reçu en urgence alors qu’ils se trouvaient à Beijing. A son retour, il rapporta dans le journal que l’acupuncture avait été efficace pour soulager sa douleur post-opératoire, ce qui amena beaucoup d’américains à rechercher des traitements basés sur l’acupuncture.
En novembre 1997, le NIH (National Institut of Health – Institut National pour la Santé) tint une conférence d’où émergea une déclaration de consensus à propos de l’acupuncture. Cette conférence était motivée par le besoin d’établir des paramètres et de promouvoir une recherche complémentaire dans ce domaine. Le NIH annonça que l’acupuncture avait un traitement légitime, ce qui signifie qu’un praticien de cette médecine pouvait prétendre être affilié à un HMO (Health maintenance organization – mutuelle) ou une compagnie d’assurance, ce qui rendait possible le remboursement.
Il y a actuellement des dizaines de requêtes apparentées à la pratique de l’acupuncture qui sont discutées par les législatures d’état à travers le pays, ce qui aura pour conséquence d’élargir les droits et la portée de la pratique par les acupuncteurs. Une des législations les plus significatives considérée au niveau fédéral est l’Acte de Couverture maladie de la Fédération d’Acupuncture, qui renforcera la couverture à l’assurance maladie (Medicare) couverture maladie pour les services d’acupuncture, ce qui ajoutera une couverture maladie à plus de 40 millions d’américains sous la protection de l’assurance maladie.
Quelques statistiques
Durant les deux dernières décennies, la popularité de l’acupuncture a grandi aux Etats-Unis. Le rapport de la Conférence du Consensus de Développement sur l’Acupuncture qui s’est tenue au NIH en 1997 a déclaré que l’acupuncture « est largement pratiquée - par des milliers de médecins, de dentistes, d’acupuncteurs et d’autres praticiens – pour soulager ou prévenir la douleur et pour de nombreuses autres conditions de traitement. » D’après l’enquête de 2002 du NIH – la plus grande et la plus compréhensive enquête de médecine complémentaire et alternative utilisée par les adultes américains à ce jour – on estime que 8,2 millions d’adultes américains utilisent l’acupuncture, et que 2,1 millions d’adultes américains ont eu recours à l’acupuncture durant l’année précédente, et ont dépensé 500 millions de dollars dans les traitements d’acupuncture.
En 1995, on estime que 10 000 acupuncteurs certifiés pratiquaient aux Etats-Unis. Actuellement, il y a plus de 15 000 acupuncteurs licenciés en activité dans sur tout le territoire, dont la plus grande concentration dans l’état de Californie (presque 6000), suivi par la Floride (1200). Chacun de ces praticiens suit une formation diplômée rigoureuse de trois ou quatre années (selon les états). A côté de cette formation professionnelle en MTC, il y a un nombre égal ou plus grand de médecins qui appliquent également la MTC dans leur pratique (acupuncture médicale) même si ceux-ci ne sont pas formés dans les autres modalités de la MTC. Il y a plus de 30 écoles accréditées aux Etats-Unis, qui comptent actuellement environ 5000 étudiants.
Un jury du NIH de 1997 sur l’acupuncture a approuvé l’utilisation de l’acupuncture dans le traitement des douleurs post-opératoires et des nausées dû à la chimiothérapie, aussi bien que comme traitement complémentaire pour la migraine, les troubles menstruels, l’arthrose, la lombalgie, l’asthme et les attaques cérébrales. Depuis, le NIH, pour faire avancer l’efficacité de l’acuponcture, a sponsorisé de nombreuses études. En dehors des Etats-Unis, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a répertorié plus de 40 conditions dans lesquelles l’acupuncture peut être applicable. Par exemple, Zang-Hee Cho de l’Université de Californie, Irvine, a réalisé une célèbre étude dans laquelle il démontre, en utilisant l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), qu’introduire une aiguille sur le point d’acuponcture GB35 (un point se trouvant sur la partie extérieure du mollet) et stimuler ce point, provoquait une activité prononcée dans le cortex visuel.
Dr Reid, Mlle Alexander, vous êtes aussi praticiens et instructeurs d’une discipline appelée Tenségrité. Qu’est-ce que la Tenségrité, et comment cela se rattache t-il et influence t-il votre compréhension d’un soin de santé intégrative ?
La Tenségrité est le nom moderne donné aux passes magiques – des mouvements et des positions du corps, et des respirations qui furent découverts par des hommes et des femmes shamans qui vivaient dans le Mexique antérieur à la Conquête, et qui étaient pratiqués en raison de leur profonds effets sur le bien-être et la conscience mental et physique. (La discipline de la Tenségrité : la version moderne des passes magiques, et une manière d’être qui favorise une meilleure utilisation de l’énergie). Le mouvement suscite une « réorganisation » de l’énergie naturelle de façon à favoriser le bien-être et la jeunesse.
Le mot Tenségrité fut inventé par Buckminster Fuller, un architecte et scientifique, célèbre ici, à Aspen, et dans tous les Etats-Unis, qui la décrivait comme la combinaison de l’intégrité en tension, se référant aux forces au travail dans une structure formée par un réseau fini de compression, ou d’éléments rigides, interconnectés par des éléments en tension, ou élastiques, donnant à la structure une intégrité d’ensemble. Par exemple, dans le corps humain, les forces de compression sont les os, et les tendons, les muscles et les ligaments qui leurs sont attachés composent le réseau en tension. Due à cette propriété élastique d’interconnexion, lorsqu’un élément d’une structure de tenségrité se déplace, l’impact est réparti dans toute la structure (comme un effet de vague) et tous les autres éléments se déplacent, ou s’adaptent pour former une nouvelle configuration, concédant à ces déplacements sans se briser.
Carlos Castaneda trouva que ce processus, la tenségrité, était une parfaite description énergétique de la pratique moderne des passes magiques et de la manière d’être que don Juan Matus (son maître) lui enseigna. Dans le cas des passes magiques, la Tenségrité fait référence à l’interaction de la tension et du relâchement des tendons et des muscles, et de leur contrepartie énergétique, d’une manière qui contribue à toute l’intégrité du corps en tant qu’unité physique et énergétique.
En regard de son influence dans la compréhension de la santé, la Tenségrité c’est apprendre à envisager le corps comme une communauté. On peut décrire le corps comme étant composé d’un certain nombre de nations, la nation des poumons, la nation du cœur, la nation de l’estomac, et ainsi de suite. De la même façon que la médecine intégrative permet d’intégrer différentes modalités de traitement de santé, la Tenségrité vous apprend à être conscient des interrelations qui existent entre les différentes parties de notre corps, et leurs effets sur le mental et l’esprit, et sur l’ensemble du corps. Par exemple, certains mouvements subtils qui apportent de la flexibilité aux pieds et aux chevilles peuvent aussi libérer le diaphragme et ouvrir le rythme respiratoire, ce qui à terme, affecte les pensées et les émotions et la façon dont nous sommes reliés aux autres.
Notre culture occidentale met l’accent sur « l’extérieur », la Tenségrité (comme la culture orientale), met l’accent sur « l’intérieur ». Nos yeux se focalisent sur l’extérieur, mais de cette façon, on ne sait pas ce qu’on ressent à l’intérieur. Nous nous focalisons sur l’extérieur pour vivre en accord avec ce que nous voyons que les autres font, et nous pensons que nous avons besoin d’y correspondre.
La Tenségrité est une façon de vivre où vous écoutez vraiment votre corps et a une application très pratique en santé clinique, parce que cela s’inscrit dans la ligne de proposition autorisant le patient à être un participant actif de sa guérison.
Notes de recherche
Le second cerveau : le corps et l’esprit comme unité active intégrée
Michael Gershorn, de l’Université de Columbia à New York, a redécouvert le second cerveau après que celui-ci fut oublié par la science. Gershorn est considéré comme l’un des fondateurs d’un nouveau champ de médecine appelé neuro-gastro-entérologie. Il déclare que de nombreux problèmes gastro-intestinaux comme la colite et le syndrome du colon irritable ont pour origine des problèmes dans le cerveau intestinal.
Ce second cerveau expliquerait l’origine de notre intuition (« gut instinct » en anglais). C’est un cerveau de sentiment, émotionnel – un cerveau ancien comme celui qui se trouve sous notre cerveau relativement nouveau (le corpus callosum) qui permet la pensée logique.
Le cerveau de l’estomac est appelé système nerveux entérique. Il y a environ 100 millions de neurones – plus que dans la moelle épinière - dans l’estomac et les intestins, tandis que le nerf vague convoie seulement quelques centaines de fibres nerveuses à l’intestin. Gershorn explique que les neurones de commande contrôlent le modèle d’activité dans l’intestin. Le nerf vague tourne seulement le volume en changeant sa vitesse de tir. Les scientifiques estiment que 90% de la sérotonine dans notre corps se trouve dans le second cerveau, là où elle déclenche la digestion. Les cellules nerveuses dans l’intestin utilisent également la sérotonine pour envoyer un signal retour au cerveau. « Tout comme le cerveau peut dérégler, l’intestin peut dérégler le cerveau. » Les principaux neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine, le glutamate, la noradrénaline et l’acide nitrique, sont là. Deux douzaines de petites protéines du cerveau, appelées neuropeptides, sont dans l’intestin, de même qu’elles sont des cellules majeures du système immunitaire. Les enképhalines, une classe d’opiacés naturels dans le corps, sont dans l’intestin.
Cela fut d'abord proposé au 19 siècle par le neurologiste allemand Leopold Auerbach, qui découvrit que l’estomac et les intestins continuaient à fonctionner, même lorsque toutes les connexions au cerveau situées dans notre tête étaient coupées.
Le cerveau dans l’intestin joue un rôle majeur au niveau de la joie et de la tristesse humaine. En termes d’évolution, cela a du sens que le corps ait deux cerveaux, explique le Dr David Wingate, professeur en science gastro-intestinale à l’université de Londres et consultant à l’hôpital Royal de Londres. La nature semble avoir préservée le système nerveux entérique tel un circuit indépendant à l’intérieur des animaux supérieurs. Seulement, il est généralement connecté au système nerveux central et peut pour l’essentiel fonctionner seul, sans instructions venant du haut.
C’est en fait l’image vue par les biologistes du développement. Gershorn explique qu’un agrégat de tissus appelé crête neurale se forme au début de l’embryogenèse*. Une partie devient le système nerveux central. Une autre partie migre pour devenir le système nerveux entérique. C’est seulement plus tard que les deux systèmes nerveux se connectent via un câble appelé le nerf vague.
* L'embryogenèse humaine désigne le processus de développement de l'embryon humain depuis le stade de zygote jusqu'à la naissance.
Un enchaînement de hasard, quelques notes intéressantes :
Les stimuli associés aux états d’esprit sont appelés neuropeptides. Ces mêmes récepteurs et les neuropeptides qui leur sont associés sont reproduits dans toutes les cellules du corps. Cela signifie que toutes nos cellules sont des entités intelligentes.
L’intelligence peut aujourd’hui est comprise comme un flux changeant continue d’information moléculaire, en mouvement dans tout le corps. Virtuellement, toute cette activité a lieu en dehors du domaine de la conscience. Cette intelligence subconsciente n’est rien d’autre que le corps lui-même, les expressions faciales pour la colère, la peur, la tristesse, la joie, et le dégoût sont identiques qu’elles proviennent de l’étude d’un Eskimo ou d’un Italien.
Moins de 2% de la communication neuronale a vraiment lieu au niveau de la synapse*.
Après qu’un signal visuel ait frappé la rétine, la partie photosensible de l’œil, il doit parcourir cinq autres synapses puisqu’il se déplace depuis l’arrière du cerveau vers le cortex frontal. L’odeur, en revanche, n’est qu’une seule synapse loin du nez, vers l’amygdale, avec un petit potentiel d’associations erronées.
* La synapse (du grec. syn = ensemble; haptein = toucher, saisir; c'est-à-dire connexion) désigne une zone de contact fonctionnelle qui s'établit entre deux neurones, ou entre un neurone et une autre cellule.
Lorsqu’un récepteur est inondé avec un ligand*, cela change la membrane de la cellule, de telle façon que la probabilité qu’une impulsion électrique traverse une membrane où réside le récepteur soit facilitée ou inhibée, affectant par la suite le choix des circuits neuronales qui seront utilisés. Ces récentes découvertes sont importantes pour apprécier comment les souvenirs sont stockés dans un réseau psychosomatique qui s’étend au corps.
* Du point de vue chimique, un ligand est un atome, ion ou molécule, portant des fonctions chimiques lui permettant de se lier à un ou plusieurs atomes ou ions centraux.
http://www.tilomedical.com/events/2005aspen-content.htm
14:20 Publié dans Petites Notes Scientifiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science, tenségrité
21.02.2007
Biologie des croyances (extraits)

Les organismes unicellulaires ont été les premières formes de vie sur cette planète. Les fossiles révèlent qu’elles vivaient ici quelque 600 millions d’années après la formation de la Terre. Pendant les 2,75 milliards d’années qui suivirent, seuls les organismes unicellulaires vivant à l’état libre – les bactéries, les algues et les protozoaires amibiens – peuplaient la Terre.
Puis, il y a quelque 750 millions d’années, ces cellules intelligentes trouvèrent le moyen de devenir encore plus intelligentes puisque les premiers organismes multicellulaires firent leur apparition (les plantes et les animaux). Les organismes multicellulaires formaient initialement des communautés éparses (colonies) d’organismes unicellulaires. Au début, ces communautés cellulaires étaient constituées de dizaines ou de centaines de cellules. Or, les avantages évolutifs de la vie communautaire menèrent rapidement à des colonies de millions, de milliards, voire de millions de milliards de cellules individuelles socialement interactives. Bien que chaque cellule individuelle soit de dimension microscopique, la taille des organismes multicellulaires peut aller du minuscule au monumental. Les biologistes ont classé ces communautés organisées en fonction de leur structure, telle que nous la voyons à l’œil nu. Alors que les communautés cellulaires apparaissent comme des entités individuelles à l’œil nu – la souris, le chien, l’homme -, elles sont en fait des associations hautement organisées de millions de milliards de cellules.
La pression évolutionnaire à se grouper en communautés toujours plus grosses est simplement le reflet de l’impératif biologique lié à la survie. Plus un organisme est conscient de son environnement, meilleures sont ses chances de survie. Lorsque les cellules forment un ensemble, leur conscience croît de manière exponentielle. Si l’on attribuait arbitrairement une valeur X à la conscience de chaque cellule individuelle, chaque colonie aurait collectivement une conscience d’une valeur potentielle d’au moins X fois le nombre de cellules qui la composent.
Afin de survivre à de telles densités, les cellules se sont créées des environnements structurés. Ces communautés complexes se sont partagées les tâches avec plus de précision et d’efficacité que dans les éternels organigrammes des grandes sociétés, dont la constante réorganisation n’étonne personne. Il s’est avéré plus efficace pour ces communautés d’affecter des cellules individuelles à des tâches spécifiques. En ce qui concerne le développement des animaux et des plantes, les cellules commencent à acquérir ces fonctions spécialisées au stade de l’embryon. Un processus de spécialisation cytologique leur permet de former les tissus et les organes spécifiques du corps. Avec le temps, ce modèle de différenciation, c’est-à-dire la répartition des tâches parmi les membres d’une communauté, s’est enchâssé dans les gènes de chaque cellule d’une communauté, pour augmenter de façon significative l’efficacité de l’organisme et sa capacité de survie.
Par exemple, dans les grands organismes, seul un petit pourcentage de cellules est chargé de détecter les stimuli externes et d’y réagir. C’est le rôle du groupe de cellules spécialisées qui forment les tissus et les organes du système nerveux. La fonction de ce dernier est de percevoir l’environnement et de coordonner le comportement de toutes les autres cellules de la vaste communauté cellulaire.
La répartition du travail parmi les cellules d’une communauté présente un avantage supplémentaire pour la survie de cette dernière. L’efficacité qui en découle permet à davantage de cellules de vivre avec moins. Un budget pour vivre à deux est plus avantageux qu’un budget pour vivre seul. Le prix de revient de la construction d’une maison unifamiliale comprenant deux chambres est plus élevé que celui d’un appartement de deux chambres dans un édifice de cent logements. Pour survivre, chaque cellule est tenue de dépenser une certaine quantité d’énergie. Cependant, la quantité d’énergie conservée par les individus d’une communauté contribue à améliorer globalement tant leurs chances de survie que leur qualité de vie.
(…)
Des découvertes récentes en science du génome ont révélé un autre mécanisme de coopération entre espèces. Il s’avère que les organismes s’intègrent à leur communauté cellulaire en partageant leurs gènes. On croyait qu’un organisme individuel transmettait ses gènes uniquement à sa descendance, par le biais de la reproduction. Or, les scientifiques réalisent aujourd’hui que les gènes se transmettent non seulement entre les membres individuels d’une espèce, mais aussi entre les membres d’espèces différentes. Le partage de l’information génétique par transfert de gènes accélère l’évolution puisque les organismes peuvent acquérir l’expérience « apprise » à partir d’autres organismes. Etant donné ce partage de gènes, on ne peut plus concevoir les organismes comme des entités isolées. Il n’y a donc pas de mur entre les espèces. Daniel Drell, responsable du programme du génome microbien du département américain de l’Energie, concédait à la revue Science en 2001 (vol.294) qu’il n’est plus possible de définir avec certitude ce qu’est une espèce.
Ce partage d’information n’est pas accidentel. C’est ainsi que la nature améliore la survie de la biosphère. Tel qu’il a été mentionné plus tôt, les gènes sont la mémoire physique de l’expérience acquise par un organisme. Récemment reconnu, l’échange de gènes entre individus disperse ces mémoires, ce qui a une influence sur la survie de tous les organismes composant la communauté vivante. A la lumière de ce mécanisme de transfert de gènes intra espèce et inter espèces, les dangers du génie génétique deviennent évidents. Par exemple, une expérience menée sur les gènes d’une tomate pourrait ne pas se limiter à la tomate et altérer l’entière de façon imprévisible.
(…)
Nous devons dépasser la théorie de Darwin, centrée sur l’importance de l’individu, pour en adopter une autre, qui reconnaît l’importance de la communauté. Le scientifique britannique Timothy Lenton a fourni la preuve que l’évolution dépendait plus de l’interaction entre espèces que de l’interaction entre individus d’une même espèce. Ainsi, l’évolution devient une question de survie de groupe le plus fort plutôt que celle de l’individu le plus fort. En 1998, Lenton écrivait dans la revue Nature qu’au lieu de se concentrer sur le rôle des individus dans l’évolution, il fallait considérer la totalité des organismes et de leur environnement physique pour pleinement comprendre quels traits parviendront à persister et à dominer.
Lenton adhère à l’hypothèse Gaïa, de James Lovelock, selon laquelle la Terre et la totalité des espèces qui l’habitent constituent un vaste organisme vivant en interaction.
(…)
Au fil de l’évolution, la membrane de la cellule a pris de l’expansion, mais cette expansion a atteint des limites physiques. A un certain point, la membrane cellulaire n’était plus assez solide pour contenir un cytoplasme plus volumineux. Pensez à ce qui se passe lorsque vous remplissez un ballon d’eau. (…) C’est justement quand la membrane cellulaire a atteint cette taille critique que l’évolution de la cellule individuelle a atteint ses limites. Voilà pourquoi, durant les trois premiers milliards d’années d’évolution, les cellules individuelles ont été les seuls organismes de la planète. Cette situation n’a changé que lorsque les cellules ont trouvé une autre façon d’augmenter leur conscience. Pour devenir plus intelligentes, elles se sont peu à peu groupées avec d’autres cellules pour former des communautés multicellulaires avec qui partager leur conscience.
(…)
Chez les humains, comme chez certains mammifères supérieurs, une région du cerveau s’est spécialisée ; elle est associée à la pensée, à la planification et à la prise de décision. C’est le cortex préfrontal. Cette partie du cerveau antérieur semblerait être le siège de l’activité mentale « consciente ». Le conscient est capable d’autoréflexion. Cet organe de perception, dont l’évolution est récente, observe nos propres comportements et émotions. De plus, il a accès à presque toute l’information stockée dans notre mémoire à long terme. Cette aptitude est extrêmement importante, car elle nous permet de considérer l’historique de notre vécu au moment de planifier consciemment l’avenir.
Grâce à sa capacité d’autoréflexion, le conscient est extrêmement puissant. Il est capable d’observer tous nos comportements programmés, de les évaluer et de décider consciemment d’en changer le programme. Nous pouvons choisir consciemment notre manière de réagir à la plupart des signaux de l’environnement, ou d’y répondre ou pas. La capacité consciente d’outrepasser les automatismes du subconscient constitue le fondement du libre arbitre.
Ce don particulier comporte néanmoins un désavantage tout aussi particulier. Alors que la plupart des organismes doivent faire eux-mêmes l’expérience de stimuli, notre cerveau est si apte à « apprendre » les perceptions, que nous pouvons les acquérir indirectement de nos éducateurs. Une fois que nous acceptons celles des autres comme des « vérités », leurs perceptions se cristallisent dans notre cerveau et deviennent nos « vérités ». Or, cela peut poser un problème. Qu’arrive-t-il si les perceptions de nos éducateurs sont inexactes ? Dans ce cas, de fausses perceptions sont téléchargées dans notre cerveau. Comme l’inconscient sert uniquement à rejouer le mode stimuli-réactions, il n’y a pas de « fantôme » dans cette partie de la « machine » pour évaluer les conséquences à long terme de cette programmation. L’inconscient travaille uniquement au « présent ». Par conséquent, les fausses perceptions programmées dans notre inconscient ne sont pas « surveillées » et nous entraînent dans des comportements inappropriés et restreints.
(…)
En plus d’aviver les programmes subconscients habituels, le conscient a également la faculté d’être spontanément créatif dans sa réaction aux stimuli. Grâce à sa nature introspective, celui-ci peut observer les comportements pendant qu’ils se produisent. Quand un comportement programmé se déroule, le conscient, qui observe, peut intervenir, interrompre ce comportement et générer une nouvelle réaction. Ainsi, il vous dote d’un libre arbitre ce qui signifie que vous n’êtes pas bêtement victime de votre programmation. Pour ce faire, vous devez cependant être pleinement conscient, tâche difficile, comme quiconque l’a essayé peut en attester, sinon le programmation reprend le dessus dès que votre conscient à leur dos tourné.
(…)
Les comportements appris et les croyances acquises des autres, entre autres des parents, des pairs et des professeurs, ne concordent pas toujours avec les objectifs de notre conscient. Ce qui nous empêche de parvenir à nos rêves, ce sont les limites programmées dans notre subconscient. Ces limites n’influent pas seulement sur notre comportement, elles jouent également un rôle primordial dans notre physiologie et notre santé. Comme nous l’avons vu plus tôt, l’esprit joue un grand rôle dans le contrôle des systèmes biologiques qui nous maintiennent en vie.
Extraits de "Biologie des croyances" de Bruce Lipton
Voir références dans "Livres étonnants"
18:25 Publié dans Petites Notes Scientifiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science
28.01.2007
L'architecture du bien-être : créer des endroits qui nourissent la conscience
Les consommateurs d’aujourd’hui sont demandeurs de maisons qui servent de refuge dans un monde de plus en plus complexe. En s’adressant au besoin de confort, à la santé et à la relaxation des acheteurs, vous touchez à un marché de plus en plus lucratif. Explorer des études de cas édifiantes vous aide à traduire les concepts de sensibilité au lieu afin d’élaborer des environnements qui collaborent avec la nature. Ensuite, faire un tour des vidéos de modèles de maisons illustre en outre l’importance de créer des endroits particuliers pour vivre.
Intervenants
Miles Reid Acupuncteur à Tilo Medical & Acupuncture
Jeff Berkus Président de BBG Architects
Jeff Berkus aimerait vous présenter quelques principes de bien-être depuis la perspective architecturale et il m’a invité à vous donner quelques parallèles depuis le point de vue de la science, depuis l’information audacieuse que la recherche a découvert à ce sujet.
Je vous parle depuis mon expérience de physicien en biomédecine occidentale, et aussi depuis l’expérience que j’ai de deux traditions : l’une de ces traditions est l’acupuncture et la médecine Chinoise, et l’autre est la tradition qui vient du Mexique des temps anciens. Ces deux vues envisagent l’état naturel de l’homme comme étant « un » lorsqu’il est parfaitement conscient de sa connexion avec son environnement. Leur intérêt est donc de voir comment les choses « se connectent ».
En médecine, par exemple, de nos jours, l’un des sujets les plus chauds dans notre pays est l’émergence du nouveau modèle de Médecine Intégrative. La Médecine Intégrative signifie améliorer le modèle de la médecine occidentale avec des formes de soins complémentaires. La prémisse de base de la médecine intégrative est que le corps est un ensemble et que toutes ses parties sont connectées. La médecine intégrative s’intéresse à guérir, et la guérison vient de l’intérieur, sa source est dans notre nature profonde en tant qu’organismes vivants. Le mot soigner signifie « faire le tout » (en anglais healing means « making whole ») – c’est-à-dire, restaurer intégrité et équilibre.
En Occident, la médecine scientifique a principalement mis l’accent sur l’identification d’agents extérieurs de maladie et le développement d’armes contre ceux-ci. Si vous regardez le nom des catégories les plus populaires de médicaments utilisés aujourd’hui, vous verrez que la plupart d’entre eux commencent par le préfixe « anti ». Nous utilisons des antispasmodiques, des antidépresseurs, des antipyrétiques, des anti-inflammatoires.
De la même façon qu’un nouveau regard de l’architecture signifie travailler avec le lieu plutôt qu’en conquérant le lieu, le nouveau regard de la médecine qui émerge aux Etats-Unis est que la santé résulte du fait de vivre en harmonie avec les lois naturelles.
Par exemple, le développement des antibiotiques pour combattre les bactéries…à présent les bactéries développent de plus en plus de résistance aux antibiotiques et cela est devenu un problème majeur dans les hôpitaux. En Orient, particulièrement en Chine, la médecine a exploré des façons de développer une résistance interne à la maladie en utilisant des herbes énergisantes, ainsi, peu importe à quelles influences nocives vous êtes exposés, vous pouvez rester en bonne santé. Il n’y a pas de résistance qui se développe contre les reconstituants parce qu’ils n’agissent pas contre les germes mais ils agissent plutôt avec les défenses du corps.
L’escalier (photo) est fabriqué pour ressembler à la manière naturelle dont un élément s’écoule, que ce soit de l’eau qui s’écoule vers le bas ou un être humain qui descend des marches. Pourquoi cela semble t-il approprié ? Depuis que l’homme existe, il a été directement exposé aux éléments naturels. Ce n’est que depuis une fraction de seconde dans le contexte de notre histoire, depuis l’avènement de l’ère industrielle, que nous avons perdu ça de vue : être conscient des cycles du jour et de la nuit, de la lune, des conditions du vent, de la disponibilité de l’eau. Notre développement en tant qu’individus a dépendu de ces conditions.
Nous pouvons dire que depuis une perspective biologique nous sommes « branchés en réseau » pour être intégrés à notre environnement, pour être connectés à la nature. Alors regarder une structure ou descendre des escaliers construits selon l’incorporation de ces principes est neurologiquement enregistré comme familier et naturel. Ça se « sent ».
Une manière efficace d’aborder la première approche d’un endroit peut être de faire quelque chose qui déplacera physiquement l’attention, pour un instant, de tous les plans et toutes les idées que nous transportons, et qui nous permettra d’être plus réceptifs aux particularités de l’endroit lui-même. Par exemple, physiologiquement, la plupart de l’information que nous ingérons de l’environnement est dominée par les yeux. L’acte de concentrer le regard sur quelque chose en face nous fait retenir notre souffle ; puis l’expression générale du corps se comprime, empêchant toute autre entrée perceptuelle. Vous pouvez faire ce mouvement simple pour « recharger » les yeux et le corps :
(Il invite l’audience à se frotter les mains et à les placer sur les yeux fermés pendant une minute; puis à les ouvrir doucement et à regarder autour.)
Après quelque chose d’aussi simple que ça nous pouvons remarquer certaines choses qui échappaient avant à notre attention.
Est-ce que vous remarquez quelque chose de nouveau ou de différent dans cette pièce ? Avez-vous remarqué un changement dans votre respiration quand vos mains étaient sur vos yeux ? La clé est le changement de respiration qui a lieu quand nous désengageons nos yeux pendant un moment. Le plus d’air vous pouvez inspirer et expirer, le plus de nutriment vous pouvez donner au système nerveux central.
Ne pas soulever le stylo est une technique utilisée en psychologie pour contourner le processus rationnel, ainsi ce qui s’inscrit sur le papier est de l’information provenant d’autres zones de notre intelligence, une plus grande « intelligence corporelle » pour ainsi dire.
Chacun d’entre vous a entendu parler du terme « instinctif » (traduction de l’anglais : sentiment venant des entrailles), peut-être que beaucoup d’entre vous ont fait l’expérience de « savoir » quelque chose corporellement, pas au travers d’un processus intrinsèquement mental. Actuellement la science nous dit qu’il y a une base physiologique à ça ; c’est, tel que l’a présenté le Dr. Michael Gershon, neurologue renommé de l’Université Columbia, qu’il existe un « second cerveau » dans les intestins, capable de traiter et de générer de l’information, au travers des mêmes neurotransmetteurs qui agissent au niveau du cerveau. Donc, comme avec le concept de médecine intégrative dont nous parlions, le résultat complet du modèle du procédé peut être amélioré par l’intégration des deux cerveaux : celui « du dessus », éduqué par le savoir, l’expérience et l’information ET le second cerveau, éduqué par l’intuition.
Cette conscience de toutes les parties connectées entraîne un changement depuis une idée de « produit orienté » vers une idée de « processus orienté ».
Le thème pour l’analyse de l’endroit est d’y ajouter l’intuition, le ressenti de l’endroit à la connaissance nécessaire des mesures et du plan, de l’information sur l’orientation du soleil, la température, les vents ou d’autres éléments qui pourront améliorer le plan. Il ne s’agit pas de remplacer les procédures normales par l’intuition, mais de l’ajouter à celles-ci, pour en étendre la portée.
De la même façon que Jeff présente une pensée intégrative en architecture, une maison intégrative, où tous les éléments fonctionnent en inter-relation, neurologiquement, le corps fonctionne comme un tout, les différentes composantes doivent être intégrées en coordination.
Vous pouvez voir votre corps comme une maison. Le système digestif pourrait être la cuisine, les artères et les veines la plomberie, les poumons le système de ventilation, la relation entre le corps et l’environnement où l’on marche et respire est comme la relation entre le plan et les caractéristiques du lieu de construction. Comment toutes les parties se connectent-elles ? Le bien-être est le résultat du fait d’apprendre à avancer et à travailler avec tous les éléments.
Là vous avez quelque chose de structuré où vous sentez que votre mouvement « coule », circule (la maison), où les objets sont interconnectés dans le mouvement.
Le bien-être se déclenche lorsqu’il y a ce sens du mouvement. Un des concepts qui dépeint cela, et qui est partagé par l’architecture et la science, est la Tenségrité, un modèle inventé, comme vous le savez, par Buckminster Fuller, où toutes les parties d’une structure s’affectent entre elles, et quand l’une se déplace, le reste fait la même chose pour sauvegarder l’équilibre et l’intégrité. Ce modèle est un sujet chaud en ce moment pour la recherche scientifique ; la science a découvert que la plupart des structures vivantes fonctionnent à travers ce principe.
Dans la médecine Chinoise, le principe de base est que lorsque l’énergie circule, il y a bien-être ; lorsque l’énergie est bloqué, il y maladie et douleur.
L’émergence de la médecine intégrative comme modèle est devenue de plus en plus populaire, et va sans doute probablement devenir la forme dominante de santé durant les vingt prochaines années, pour deux raisons : parce qu’elle fournit une plus large palette d’alternatives pour créer des solutions et parce que le public en général est demandeur d’un tel modèle. Les gens le demandent parce qu’il s’adresse plus à leurs besoins en tant qu’êtres humains complexes. Ce besoin et cette demande publique peuvent être étendus à d’autres champs d’activités, comme l’architecture et la construction.
Scientifiquement, le choix des mots que nous utilisons a un impact définitif. Des études récentes sur le fonctionnement du cerveau montrent que le langage est traité par la plupart des zones du cerveau. Des mots différents ont des réponses physiologiques différentes. Les mots ont des images, des sons et des expériences du passé rattachés à la mémoire que nous avons d’eux. Neurologiquement, vous avez tendance à choisir des mots qui suscitent une large gamme de possibilités perceptuelles qui élargissent l’imagination. « Préparer à manger », par exemple, a été une des activités fondamentales de l’homme depuis l’antiquité.
Prendre soin de soi aux toilettes
Ici, le même principe que tout à l’heure est appliqué. Par exemple, si nous regardons l’activité de « faire pipi » : les hommes adorent faire pipi dans la nature ! (rires) C’est naturel, nous l’avons fait ainsi la plus grande partie de notre évolution en tant qu’espèce. Alors une idée pratique simple pour prendre en compte cette interaction pourrait être de mettre un arbre ou une grande plante à côté des toilettes, ou d’avoir une grande lucarne au-dessus des toilettes où l’on puisse voir le ciel et les étoiles durant la nuit. Ce sentiment de connexion déclenche le relâchement des neurotransmetteurs, ceci affecte positivement le reste du corps ; ce qu’en neurobiologie nous appelons la « chimie du bien-être ».
Une maison a une “pièce de communication et de calme” relié au salon et donnant sur la nature
Les maisons ont de plus en plus besoin d’un tel espace. Depuis un point de vue de bien-être, l’allure de l’ère de l’information est telle que le système nerveux est dans un état de surcharge dû à toutes les informations que nous recevons quotidiennement. Dans ma pratique, pour donner un exemple, je le vois tout le temps. Nous avons une petite pièce comme ça, qui donne presque dehors, les personnes affaiblies (les patients) expriment combien il est agréable d’avoir un endroit où ils peuvent « laisser aller » pendant un moment toutes les préoccupations de la journée lorsqu’ils vont à l’intérieur.
En science, la Tenségrité est un sujet brûlant de recherche en ce moment, et cela est maintenant considéré comme l’aspect fondamental de l’assemblage et de la structure chez tous les êtres vivants. Une étonnamment grande variété de systèmes naturels, y compris les molécules d’eau, les protéines, les virus, les cellules, les tissus, et même les êtres humains et d’autres organismes vivants sont construits selon la forme d’architecture de Tenségrité.
Les principes de Tenségrité s’appliquent par essence à toute taille détectable dans le corps humain. Depuis les molécules jusqu’aux os, aux muscles et aux tendons dans notre corps, la Tenségrité semble être le système de construction préféré de la nature.
Par exemple, les 206 os qui constituent notre squelette sont relevés contre la force de gravité et stabilisés dans une forme verticale par la traction élastique des muscles, des tendons, et des ligaments. Ainsi, dans la structure complexe de Tenségrité à l’intérieur de chacun d’entre nous, les os sont les forces de compression, et les muscles, les tendons et les ligaments sont les membres qui ont une position de tension.
Depuis une autre perspective, dans la tradition chamanique qui existait durant les temps anciens dans ce qui est aujourd’hui le Mexique, certains mouvements et respirations, comme ceux que nous avons fait tout à l’heure, étaient utilisaient pour entraîner le corps et l’esprit à devenir conscient de la connexion intrinsèque qui existe à l’intérieur de nous-même et entre nous et l’environnement, et pour promouvoir le bien-être.
Le Dr. Castaneda a donné le nom de Tenségrité à la version moderne de ce système de mouvements, parce que cela représente exactement l’intégrité entre les différentes parties du corps en mouvement. Traduit dans le champ de l’architecture et de la construction d’habitation, ce principe soutient le point de vue de prendre en compte la nature et les éléments humains durant les phases de conception et de construction.
Deux dernières réflexions pour finir:
Une des plus grandes révolutions dans l’histoire de la gestion fut la « Révolution d’une gestion de qualité totale ». Cela déclarait que la force du rendement n’était pas de récupérer les produits défectueux avant qu’ils ne sortent et de les réparer, mais d’aller en amont dans le processus et de trouver les sources d’erreurs au moment où elles étaient faites pour les corriger.
La qualité n’était pas d’intervenir à la fin du processus mais au beau milieu de celui-ci. Cela entraînait un changement depuis le « produit pensé » jusqu’au « processus pensé ». Les améliorations techniques ne sont pas suffisantes en elles-mêmes. Il y a un autre élément présent dans l’équation : les gens. Ce n’est pas suffisant que les machines travaillent en coordination. Pour produire le produit, vous avez également absolument besoin de personnes qui travaillent en coordination. A côté de la dimension technique il y a aussi la dimension humaine. Les deux font partie du même processus.
Et pour finir, il y a des années, alors que je visitais un parc national en Patagonie, j’ai rencontré un groupe d’alpinistes qui partaient en expédition. A l’occasion de tels événements, il y a toujours un plus gros groupe qui « fait la route » et, en fait, seulement quelques-uns d’entre eux parviennent jusqu’au sommet. Jusque là j’avais toujours pensé que le but principal était la conquête, l’aboutissement final des choses. J’étais intrigué de savoir ce que ressentaient les grimpeurs qui n’étaient jamais parvenus au sommet. J’interrogeais l’un d’entre eux. Il était assis près du camp ; il contemplait tranquillement, comme s’il faisait partie de l’environnement.
« Comment trouvez-vous la joie si vous n’atteignez jamais le sommet ? » Lui demandai-je.
Il me sourit, ses yeux brillèrent.
« Quand je suis assis sur mon baudrier, centré sur la roche, faisant la route avec mes partenaires grimpeurs, et que je regarde tout autour et que je vois le ciel, les rochers, la neige ; je sens la brise du vent sur ma peau, et tout mon corps est en vie. Je sais alors que je fais partie de tout ça, et ça, mon ami, c’est mon ultime joie. »
(Intervention de Miles Reid)
http://www.tilomedical.com/events/Architecture.htm
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