27.11.2008
Un Ermitage dans la Neige

À Londres dans les années 1960, Diane Perry, jeune fille ravissante, gaie et entourée d'amis, se sent en exil perpétuel. Un jour, elle reconnaît dans le bouddhisme son vrai chemin et son identité profonde. Alors, avec une détermination et un courage extraordinaires, elle quitte son pays et sa famille pour rejoindre une école de lamas en Inde. À une époque où l'Europe commence à peine à s'intéresser à la sagesse extrême-orientale, elle est, à vingt-trois ans, l'une des premières Occidentales à devenir nonne bouddhiste. Elle passera douze longues années d'ermitage dans une petite grotte de l'Himalaya, avec pour seule compagnie les montagnes enneigées.
Extraits:
“Au début , on ne fait qu’entrevoir l’irréalité des choses. Ce n’est que le début de la voie. Il arrive souvent que les pratiquants, dès qu’ils ont fait l’expérience de cet aperçu, croient avoir tout compris et atteint le but. Mais ce n’est que lorsque vous commencez à apercevoir la nature de l’esprit que commence la méditation. Ensuite, il vous faut la stabiliser jusqu’à ce qu’elle devienne de plus en plus familière. Quand vous y êtes arrivé, il ne vous reste plus qu’à l’intégrer dans la vie de tous les jours.”
(p.169)

“Pour qu’une pratique, quelle qu’elle soit, soit suivie d’effets, l’esprit qui médite et l’objet de méditation doivent se fondre. Au lieu de cela, la plupart du temps, ils se font face. La transformation n’a lieu que si l’on est totalement absorbé. La présence éveillée passe automatiquement de la tête au coeur. Et lorsque cela se produit, le coeur s’ouvre et il n’y a plus de ‘moi’. C’est un grand soulagement. Quand on apprend à vivre à partir de ce centre plutôt que de la tête, tout ce que l’on fait est spontané et juste. Ce mode de fonctionnement libère immédiatement un grand courant d’énergie, qui n’est plus obstruée, comme elle l’est d’ordinaire, par notre propre intervention mentale. On devient alors plus joyeux et plus léger dans les deux sens du terme, parce qu’on revient à la source, le coeur plutôt que d’être en exil dans la tête. L’approche scientifique moderne a accordé une telle importance au cerveau que nous sommes complètement coupés de cette réalité du coeur. C’est pourquoi tant de gens ont l’impression que la vie est stérile et dénuée de sens.”
(p.175)

“La question n’est pas de savoir ce qu’on gagne, mais ce qu’on perd. Ce que vous avez à faire revient à peler un oignon, couche par couche. Ma quête était de comprendre le sens de la perfection. Maintenant je suis consciente du fait qu’à un certain niveau de notre être, on ne s’en est jamais éloigné. Seules nos perceptions erronées nous empêchent de voir ce que nous avons vraiment en nous. Plus on devient conscient, plus on comprend qu’il n’y a rien à réaliser. Notre erreur fondamentale consiste à croire qu’il faut parvenir à un point, qu’il faut atteindre quelque chose. De toute façon, qui est là pour atteindre quoi?”
(p.183)

“Pourquoi entre-t-on en retraite? Pour comprendre qui on est réellement et quelle est la réalité de la situation dans laquelle on évolue. Ce n’est que lorsque l’on commence à se connaître que l’on est en mesure de vraiment comprendre les autres, car nous sommes tous dans un rapport d’interdépendance. Il est très difficile de connaître autrui tant qu’on est pris dans le tourbillon de ses propres émotions parce qu’on évalue les autres en fonction de nos propres difficultés. C’est pourquoi des ermites qui ont passé de longues années en retraite, disons vingt-cinq ans, ne sont ni froids ni distants. Au contraire. Ce sont des gens merveilleux. Vous savez que l’amour qu’ils vous témoignent est exempt de tout jugement de valeur parce qu’il n’est pas fondé sur ce que vous êtes ni sur la façon dont vous les traitez. C’est un amour totalement impartial; comme le soleil: il brille sur tout le monde. Quoi que vous fassiez, ils vous aimeront parce qu’ils comprennent les difficultés auxquelles vous êtes confronté. Et au coeur de cette compréhension, l’amour et la compassion se manifestent naturellement. Cet amour n’est pas fondé sur le sentiment ni sur l’émotion. L’amour sentimental est très instable parce qu’il est basé sur la réponse affective et sur le plaisir qui lui est inhérent. Cela n’a rien à voir avec le véritable amour.”
(p.202)
“Une fois qu’on a compris que la nature de notre existence est au-delà des pensées et des émotions, qu’elle est incroyablement vaste et en rapport d’interdépendance avec tous les êtres, ces sentiments d’isolement et de séparation, de peur et d’espoir disparaissent d’eux-mêmes. C’est un immense soulagement!”
(p.235)

“La raison pour laquelle nous ne sommes pas des êtres éveillés est la paresse. Il n’y a pas d’autres raison. On ne se donne pas la peine de revenir au présent parce qu’on est trop fascinés par tous les jeux de l’esprit. Si l’on réfléchit réellement à ce que représente le renoncement, on constate que cela ne consiste pas seulement à renoncer aux choses extérieures comme l’argent, la maison, la famille. Ça, c’est facile. Renoncer, c’est abandonner notre bavardage intérieur, c’est-à-dire ces chères pensées que nous aimons tant, tous ces souvenirs, espoirs, rêves et fantasmes. Renoncer à tout cela et demeurer nu dans le présent sont le vrai renoncement.”
(pp.235,236)

22:37 Publié dans Petites Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note























