10.01.2009
La Rencontre

L’objet du passé est usé, après avoir été touché, caressé, trimbalé de mains en mains il est abandonné. Ce passage à l’abandon est des plus essentiels. Il lui donne sa patine, l’arrêt sur image. Je dirai, il donne l’arrêt sur l’objet. L’objet devient passé…
Elle avait dormi de longues années loin du monde, m’avait-on dit quand je l’ai rencontrée. Elle était restée là si longtemps à attendre une main charitable, secourable, un corps à sa mesure. Ce corps c’était le mien je le savais, j’en étais sûre. En regardant la vieille antiquaire la manipuler de ses larges doigts réparateurs d’objets, je me disais qu’il ne fallait pas qu’elle reste dans cet endroit.
Sa haute taille serrée d’une ceinture se terminait par un gros nœud de taffetas noir… J’étais amoureuse, subitement j’avais la fièvre. J’osais à peine la regarder, son aplomb, sa lourdeur, loin d’être rigide, la trame fine de son étoffe venue d’un autre âge, donnait de la grâce au vêtement.
Je détournais la tête à la recherche d’une idée, peut-être d’une autre rencontre. J’aimais tellement l’odeur, la couleur de ces vieilleries, je me sentais en sécurité en terrain connu.
La petite fille que j’avais été, allait souvent dans une salle des ventes. Combien de dimanches avais-je passé dans la salle des ventes, rue du canal, en contre bas de la sous-préfecture ? Petite porte cochère, que l’on passait en enjambant le battant de bois, on suivait un petit couloir puis, la grange s’ouvrait comme la malle d’Ali Baba, dévoilant des trésors qui allaient se mettre en vente au plus offrant.
Je me souvins que mon père avait fait découvrir à la famille la petite salle des ventes. Il devait aider un ami à vendre une belle tapisserie murale authentique, une véritable œuvre d’art. Le commissaire priseur, homme de grande stature, sans âge, caché derrière des lunettes tintées, était aussi expert en objets d’art. Mon frère s’y ennuyait à mourir, ma mère pavanait dans ses chaussures de chez Dior et moi, j’étais joyeuse. Je ne devais rien toucher, mais chaque objet me parlait de son histoire, et c’était fascinant.
La vieille antiquaire interrompit ma rêverie en disant :
- Je te connais toi, tu es la fille de Paul !
Mon père, avec son éternel flegme, dans ses espadrilles aux pieds et son foulard de soie à pois autour du cou, avait toujours ri de la phrase « comme le monde est petit », et j’avais toujours trouvé cette considération pitoyable. S’amuser à se congratuler de l’étroitesse de ses connaissances, et d’en être heureux, heureux d’être dans le connu me navrait. Mais là, soudain, je me suis demandé si, au fond, il n’avait pas raison, le monde des humains était petit.
- Oui, c’est vrai, mon père s’appelait Paul, ai-je répondu en observant la vieille femme s’était assise sur la malle, enfermant l’objet de mes convoitises.
Nous fîmes connaissance. Elle, pleine de sa vie passée, ses amis, ses années dans ce coin de Gironde, et moi, jeune femme impulsive, nouvellement installée, pleine de rêves d’une vie différente.
Après un moment d’échange, je compris que je n’étais pas celle à qui elle pensait. J’aimai ces moments où le qui devient le quo. Son Paul n’était pas le mien, mon monde n’était pas petit, il était vaste et mystérieux. Mon père s’était trompé. Après avoir échangé nos nom et prénom, adresses et téléphones, je lui demandai :
- Combien veux-tu pour ta malle ?
Petites tractations délicates, où j’obtins la malle et la jupe au prix du départ. En m’aidant à enfourner la malle dans le coffre de ma 2cv Citroën, elle me regarda d’un coup d’œil vif et dit :
- Prends en soin, c’est la jupe en organdi de la comtesse de Toulouse Lautrec !
De retour chez moi, je posai la malle près de mon fauteuil 1900. Ah ! Ce fauteuil ! Je garde encore en mémoire tous les détails du moment où il m’était apparu. Un dimanche dans la salle des ventes.
Le commissaire priseur avait deux aides. Ils étaient les héritiers directs des cols bleus du front populaire, la casquette du mauvais garçon, le mégot de gitane maïs collé à une lippe désinvolte, dont les biscoteaux soulevaient armoires, tables, buffets, horloges et fauteuils… Ils l’avaient pris à deux pour mieux le lever dans les airs et non pas parce qu’il était lourd, ce fauteuil en bois d’ébène sculpté de fleurettes, ses deux petites roulettes lui donnant un air de tralala, ses jambes arrières puissantes et fortes laissant le poids des ans indifférents, son dossier rond comme un faux derrière et son habillage garance en velours.
A sa vue, mon cœur s’était chamboulé, d’un coup et j’avais attrapé le bras de ma mère.
- Tu le veux, Bichette ?
- Oui !
C’était un bon jour. Elle avait levé son gant d’un signe. Le commissaire, avait frappé son petit marteau sur son socle. Au bruit sec, les colonnes vertébrales s’étaient redressées. Il pointait son index dans notre direction, un anonyme avait renchéri, ma mère avait hoché légèrement son menton pointu.
Le va-et-vient des chiffres, 100, 125, 130 à ma droite. Il était trop beau, il m’avait tapé en plein cœur.
-139, dis-je à voix basse à ma mère.
- Non ! avait-elle répondu à voix basse et dit haut et fort,150 !
- Cent-cinquante francs pour la dame avec la jeune demoiselle à ma gauche. 150, une fois !
Plac, le bruit sec du marteau. « 150, deux fois », plac, de nouveau le bruit sec du marteau.
- Qui dit mieux pour ce joli fauteuil 1900 ?
Il regardait la salle, le marteau levé, le temps se suspendit, mon estomac retourné, ma respiration à peine audible, j’attendais.
- Personne ? 150 adjugé pour la dame à ma gauche !
Il se retourna alors vers ses deux colosses, murmurant notre nom qu’ils écrivirent sur une étiquette en carton jauni.
Depuis, il avait été installé dans ma chambre. Ma chambre n’était pas une chambre d’enfant comme les autres, c’était un haut lieu d’antiquité ! Un lit renaissance italien, avec son matelas en crin fait à la main par le dernier bourrelier de la région, un petit secrétaire empire d’époque, une chaise laquée chinoise, une commode Louis XV avec ses ferrures de bronze, et dans ce décorum, je m’étais installée pour exister, une table faite d’une planche sur deux tréteaux et le joli fauteuil 1900.
Quand ma mère avait décidé de quitter la demeure familiale, elle avait vidé ma chambre. Plus de lit, plus de commode ni de secrétaire, la planche avait disparu depuis longtemps, mais seul le fauteuil était resté. C’est pour cette raison qu’il y avait plus qu’un coup de cœur entre lui et moi. Nous avions fait la guerre ! Et il fut la première chose que je déménageai.
En effet, après une crise existentielle, j’avais trouvé une vieille ferme abandonnée dans le sud ouest de la France entre l’océan et la Gironde. Et je venais de finir une partie de la restauration de la maison, quand j’avais décidé d’installer la malle et sa précieuse jupe près du fauteuil, à côté de la fenêtre, pas loin de la cheminée. C’était une grande pièce de quarante mètres carrés au sol, faite de grosses tommettes rouges brique qui donnaient à la pièce une couleur chaleureuse.
Derrière un vieux paravent, était posée sur le mur encore en brique une glace, et dans le coin mon lit bateau à col de cygne. De retour, je sortis la jupe, aérai l’étoffe noire, la déposai sur le lit, en attendant le soir.
Le temps s’était égrainé, et je ne sais pourquoi sans le chercher, une amie m’offrit un chemisier en dentelle d’une de ses grandes tantes qui avait vécu courant du XVIIIe siècle.
On m’amena un carton plein de vieux pantalons en coton blanc, avec un trou à l’entre jambe et des lacets pour serrer la taille, un corsage pour tenir la poitrine, une paire de bottines en cuir fin et une paire de bas.
Je rencontrai à une autre occasion un bibi noir avec une voilette et une aiguille à chapeau. Mon costume prenait forme à mon insu.
Un jour d’été, alors que j’avais poussé mes volets pour me protéger de la lumière trop brûlante du soleil, et que mes amis venaient de me téléphoner m’indiquant qu’ils n’arriveraient que le lendemain, je me décidai à ouvrir la malle dans laquelle j’avais minutieusement tout concentré. Tout ? Presque !
J’enlevai la robe qui me servait à cacher mon corps nu de la pudeur public. Dans le miroir je lui jetai un regard. Il était féminin, terriblement féminin, un Botticelli m’avait lancé un de mes amants d’un soir. Rond, avec des fesses et des hanches, une taille fine, des seins comme des oranges, le cheveu frisé noir. On le disait joli. Moi, je le trouvai pratique. Grande comme tout le monde, j’avais cette sensation de passer partout.
J’ai pris mon temps pour m’habiller. Le corsage, le pantalon blanc… quelques pas de danse. Mes cheveux mi-longs chatouillaient mon dos. Les bas.
Ah, qu’ils étaient chaud !et désagréable à porter, glissant sur la peau de mes cuisses. Le chemisier de la grand-tante, à enfiler tout doucement la dentelle était fragile, et sa poitrine un peu plus opulente que la mienne, je dus régler les boutons. Quelles merveilleuses couturières les femmes d’autrefois ! La jupe, enfilée par le haut, tomba sur mes hanches comme si elles avaient toujours été là pour elle ! Je sentis mon cœur battre plus fort dans ma poitrine. Une ou deux respirations, ma tête tomba à la renverse alors que mes mains habiles fermaient les clips un à un à l’arrière de mon dos.
Son aplomb traînait sur les tommettes en crissant. Cela alerta ma conscience, qui dirigea mon corps vers les bottines. Les quelques centimètres de talon firent leur effet, au son de leurs fers. Elle flottait autour de moi, et sa traîne caressait la dalle tout en souplesse. Un sourire illumina mon visage.
J’avançai vers le miroir. Mais non, ce n’était pas encore ça ! Mes cheveux bouclés, que je négligeais depuis si longtemps, rendaient l’image incongrue d’une hystérique. Je me détournai à la recherche d’une quelconque brosse à cheveux… La recherche fut longue, et je finis par trouver une brosse à chien, que je nettoyai avec minutie, pour parvenir à lisser ma tignasse rebelle, pour la rouler dans une sorte de chignon coiffé du petit bibi et de son épingle à cheveux.
Lorsque le petit chapeau enserra mon crâne, quelque chose en moi changea, mon pas devint plus sûr, mes gestes moins hésitants, plus précis ; j’attrapai la canne de mon grand-père paternel, au pommeau d’argent avec ses initiales gravées, les gants en dentelle du carton, le châle d’Arlésienne de ma grand-mère maternelle, et je me dirigeai vers la glace.
Ce que j’y rencontrai restera gravé dans ma mémoire à jamais.
Elle apparut devant moi dans le miroir. Elle était belle. C’était une femme d’un autre siècle qui avait vécu dans une grande demeure dans la campagne du Sud Ouest. Elle était veuve. C’était une maîtresse femme, mature, elle connaissait la vie, les manières, les savoir-faire de son époque. Quand elle me vit dans le miroir, elle se reconnut immédiatement, et elle prit possession de tous mes gestes. Elle prit des pauses, elle mit le fauteuil 1900 avec un petit guéridon devant le miroir, et elle joua, encore et encore.
Je me souvins que petite j’avais cette capacité de me déguiser et de prendre le rôle de quelqu’un d’autre. Mais là, tout ce que j’avais connu, était dépassé. Elle donnait des ordres, elle attendait devant la vitre, elle lisait des lettres… elle vivait en moi.
Après plusieurs heures, je me sentis fatiguée. Je me dépouillai comme un oignon, couche après couche et laissai tout en plan pour m’écrouler sur mon lit dans un sommeil profond.
Mais le rêve m’emmena dans sa vie. Je retrouvai sa maison. Je la regardai vivre, écrire, se coiffer. Sa maison était grande, et élégante, comme elle. Je sentis que je pouvais choisir de rester pour toujours avec elle. Mais quelque chose en moi me poussa à partir. Dans sa cheminé, il y avait un poêle Godin éteint par lequel je m’échappai comme de la fumée et restai une partie de la nuit dans les limbes du brouillard des âmes, jusqu’à ce que la lune et son rayon argenté vint éclairer pour moi le pré sauvage devant ma maison, et d’un pas agile que je pratiquai souvent en état de rêve comme en éveil, je me retrouvai dans mon lit.
J’entendis le chant des oiseaux. Je me risquai à ouvrir un œil. Oui j’étais bien chez moi, le fauteuil 1900 devant la glace, la jupe posée sur la malle avec le chemisier en dentelle. Les bottines défaites à la hâte, recouvertes par le pantalon à trou et le corsage. Oui j’étais bien de retour !
Il me fallait ranger et nettoyer, car mes amis arriveraient bientôt. Je confiai à un ami médium ma mésaventure.
- Les objets sont des canaux puissants pour se mettre en lien avec les êtres de l’au-delà. Prends garde à toi, m’expliqua-t-il.
Mais ma jeunesse impétueuse se moqua bien de son conseil de connaisseur. Oh ! Ce n’est que ça ! me suis-je dit, ce n’est pas grave !
Depuis lors, j’avais tout rangé dans la malle en osier, et réorganisé ma grande pièce. Maintenant, le fauteuil 1900 était contre une fenêtre et faisait face de trois-quarts à un fauteuil Voltaire récemment acquis, le petit guéridon entre les deux. L’automne était déjà là, avec ses couleurs chatoyantes, mais le froid avait retardé sa venue.
Un soir, comme à mon habitude, j’étais partie me promener avec ma chienne dans la nuit. J’aimais me perdre dans l’observation des ombres et des étoiles, partir dans les sous-bois était toujours un exercice de pouvoir puissant où je mesurai le rapport entre ma peur et ma hardiesse.
Ce soir-là, je n’avais pas poussé l’aventure bien loin, et j’étais revenue à pas menus, sans bruit, comme je le faisais enfant quand je ne pouvais pas dormir, pour regarder par la fenêtre furtivement. Il y perlait une lumière ambre qui dansait. Non seulement le feu crépitait, mais j’aimais laisser brûler des bougies en mon absence.
Regards par la fenêtre. Et qui je vis assise sur le fauteuil 1900 ? Elle. Oui, elle était là en grande discussion avec un autre être errant dans les limbes, assis, lui, sur le Voltaire. Après avoir observé plus attentivement l’autre sur le Voltaire, je reconnu mon père avec ses espadrilles ! J’ai collé mon corps contre le mur froid.
Le contact rugueux de la pierre, me confirma la réalité de mon corps charnel sur cette belle terre. Je pris une longue respiration. Je la contemplai à nouveau. Elle ne devait pas rester ici, chez moi. Je devais faire quelque chose. J’ouvris la porte, ma chienne joyeuse s’enfila dans l’entrebâillement, j’allumais immédiatement la lumière et partis dans une grande tirade à haute voix. Je pris une assiette et fis brûler des plantes pour dégager les esprits des morts.
Je compris qu’elle était prisonnière des objets auxquels j’avais donné vie. Je fis un inventaire de « ses choses », et décidai de faire un grand feu le lendemain.
J’avais des cartons entiers de la vie de mon père, et puis il me restait tous ses vêtements. J’empilai ce qui ne brûlerait pas dans le coffre de ma 2CV, et me rendis à la décharge. Il y avait beaucoup de babioles, et aussi des choses de valeur comme une boîte en argent, des chaussures, des tapis, des nappes et des dossiers compliqués que je jetai pêle-mêle.
Devant ma maison, je fis un gros tas de tous les textiles. Je pris soin de mettre la jupe au-dessus. Avec un peu d’essence, la vie de mon père partit en fumé dans le coucher de soleil.
Sa collection de la Pléiade, ses espadrilles, son cardigan gris en laine que j’aimais tant, son pantalon à rayures, dont quelques taches rébarbatives restaient encore visibles, ses doigts en plastique mou, pour remplacer ceux qu’il avait perdu le jour même où moi j’avais perdu ma virginité, ses chaussettes Dim, ses cravates en soie et son foulard à poids... sa vie s’envolait, mais lui est resté à veiller sur moi dans le vieux chêne au milieu du champ.
Une semaine plus tard, les gendarmes me rendirent une visite de courtoise, pour m’informer que je n’avais pas le droit de laisser dans une décharge publique des papiers importants et privés. J’y suis donc retournée pour reprendre les dossiers. Ils avaient été éventrés et des pages traînaient partout, mais plus rien des autres objets. Je collectais les feuillets épars, ils me servirent à faire du feu, car le froid venait d’arriver.
Dès lors je compris la leçon. Les objets avaient une charge, ils avaient une vie qui leur était propre. Il me fallait en tenir compte. Quelques années plus tard, un enfant dans un couffin douillet je quittais toute l’histoire des meubles de cette maison, pour une vie plus libre, plus consciente. Je pris la décision d’avoir des objets seulement utiles et éphémères.
Avec le temps, je dois dire que certains restent comme une constance, ma couette par exemple, elle m’est indispensable pour passer l’hiver. Ou bien mes habits de scène, avec la petite table noire, le coussin violet et le tapis ancien en laine. Mais si je décide de changer mon salon et qu’il me faut des étagères, eh bien, peu de temps après, une amie me téléphonera pour me proposer des étagères dont elle n’a plus besoin…
Je respecte la vie des objets et, quand ils sont avec moi, ils me servent avec une neutralité qui m’est nécessaire pour l’équilibre de mon tonal.
17:37 Publié dans Evènements Mémorables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.12.2008
Rowing Home
While drifting away
On clouds in my head
If you tell me the way
“Will you hear me?”
Dreams are for the sailor
You’ve always been...near me
Rowing home
Your heart longs for you
Rowing home
Rowing home
Your love waits for you
Rowing home
I’m only your twin
Just look through my eyes
Tell me what can you see
Go back to mystery
Billions of stars
Silent pure blossom...I am
Rowing home
Your heart longs for you
Rowing home
Rowing home
Your love waits for you
Rowing home
The wind, the trees, and the stars
Will help me to see
What we really are
A part of infinity
The mystery unfolding
Completely free
Rowing home
Your heart longs for you
Rowing home
Rowing home
Your love waits for you
Rowing home
Ed & Colline (Music and Lyrics)
19:15 Publié dans Musik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda, poésie
27.11.2008
Un Ermitage dans la Neige

À Londres dans les années 1960, Diane Perry, jeune fille ravissante, gaie et entourée d'amis, se sent en exil perpétuel. Un jour, elle reconnaît dans le bouddhisme son vrai chemin et son identité profonde. Alors, avec une détermination et un courage extraordinaires, elle quitte son pays et sa famille pour rejoindre une école de lamas en Inde. À une époque où l'Europe commence à peine à s'intéresser à la sagesse extrême-orientale, elle est, à vingt-trois ans, l'une des premières Occidentales à devenir nonne bouddhiste. Elle passera douze longues années d'ermitage dans une petite grotte de l'Himalaya, avec pour seule compagnie les montagnes enneigées.
Extraits:
“Au début , on ne fait qu’entrevoir l’irréalité des choses. Ce n’est que le début de la voie. Il arrive souvent que les pratiquants, dès qu’ils ont fait l’expérience de cet aperçu, croient avoir tout compris et atteint le but. Mais ce n’est que lorsque vous commencez à apercevoir la nature de l’esprit que commence la méditation. Ensuite, il vous faut la stabiliser jusqu’à ce qu’elle devienne de plus en plus familière. Quand vous y êtes arrivé, il ne vous reste plus qu’à l’intégrer dans la vie de tous les jours.”
(p.169)

“Pour qu’une pratique, quelle qu’elle soit, soit suivie d’effets, l’esprit qui médite et l’objet de méditation doivent se fondre. Au lieu de cela, la plupart du temps, ils se font face. La transformation n’a lieu que si l’on est totalement absorbé. La présence éveillée passe automatiquement de la tête au coeur. Et lorsque cela se produit, le coeur s’ouvre et il n’y a plus de ‘moi’. C’est un grand soulagement. Quand on apprend à vivre à partir de ce centre plutôt que de la tête, tout ce que l’on fait est spontané et juste. Ce mode de fonctionnement libère immédiatement un grand courant d’énergie, qui n’est plus obstruée, comme elle l’est d’ordinaire, par notre propre intervention mentale. On devient alors plus joyeux et plus léger dans les deux sens du terme, parce qu’on revient à la source, le coeur plutôt que d’être en exil dans la tête. L’approche scientifique moderne a accordé une telle importance au cerveau que nous sommes complètement coupés de cette réalité du coeur. C’est pourquoi tant de gens ont l’impression que la vie est stérile et dénuée de sens.”
(p.175)

“La question n’est pas de savoir ce qu’on gagne, mais ce qu’on perd. Ce que vous avez à faire revient à peler un oignon, couche par couche. Ma quête était de comprendre le sens de la perfection. Maintenant je suis consciente du fait qu’à un certain niveau de notre être, on ne s’en est jamais éloigné. Seules nos perceptions erronées nous empêchent de voir ce que nous avons vraiment en nous. Plus on devient conscient, plus on comprend qu’il n’y a rien à réaliser. Notre erreur fondamentale consiste à croire qu’il faut parvenir à un point, qu’il faut atteindre quelque chose. De toute façon, qui est là pour atteindre quoi?”
(p.183)

“Pourquoi entre-t-on en retraite? Pour comprendre qui on est réellement et quelle est la réalité de la situation dans laquelle on évolue. Ce n’est que lorsque l’on commence à se connaître que l’on est en mesure de vraiment comprendre les autres, car nous sommes tous dans un rapport d’interdépendance. Il est très difficile de connaître autrui tant qu’on est pris dans le tourbillon de ses propres émotions parce qu’on évalue les autres en fonction de nos propres difficultés. C’est pourquoi des ermites qui ont passé de longues années en retraite, disons vingt-cinq ans, ne sont ni froids ni distants. Au contraire. Ce sont des gens merveilleux. Vous savez que l’amour qu’ils vous témoignent est exempt de tout jugement de valeur parce qu’il n’est pas fondé sur ce que vous êtes ni sur la façon dont vous les traitez. C’est un amour totalement impartial; comme le soleil: il brille sur tout le monde. Quoi que vous fassiez, ils vous aimeront parce qu’ils comprennent les difficultés auxquelles vous êtes confronté. Et au coeur de cette compréhension, l’amour et la compassion se manifestent naturellement. Cet amour n’est pas fondé sur le sentiment ni sur l’émotion. L’amour sentimental est très instable parce qu’il est basé sur la réponse affective et sur le plaisir qui lui est inhérent. Cela n’a rien à voir avec le véritable amour.”
(p.202)
“Une fois qu’on a compris que la nature de notre existence est au-delà des pensées et des émotions, qu’elle est incroyablement vaste et en rapport d’interdépendance avec tous les êtres, ces sentiments d’isolement et de séparation, de peur et d’espoir disparaissent d’eux-mêmes. C’est un immense soulagement!”
(p.235)

“La raison pour laquelle nous ne sommes pas des êtres éveillés est la paresse. Il n’y a pas d’autres raison. On ne se donne pas la peine de revenir au présent parce qu’on est trop fascinés par tous les jeux de l’esprit. Si l’on réfléchit réellement à ce que représente le renoncement, on constate que cela ne consiste pas seulement à renoncer aux choses extérieures comme l’argent, la maison, la famille. Ça, c’est facile. Renoncer, c’est abandonner notre bavardage intérieur, c’est-à-dire ces chères pensées que nous aimons tant, tous ces souvenirs, espoirs, rêves et fantasmes. Renoncer à tout cela et demeurer nu dans le présent sont le vrai renoncement.”
(pp.235,236)

22:37 Publié dans Petites Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2008
Rêver Ensemble - Mexico Oct./Nov. 2008

Les chamans de l’ancien Mexique rêvaient ensemble...quelque chose en nous prend le relais et soudain nous nous retrouvons en train de partager la même vision que d’autres rêveurs.
- Don Juan Matus
D’après les chamans de la lignée de don Juan, la seconde porte de rêver était le nom donné à la possibilité pour les êtres sensibles de se déplacer d’un rêve à un autre rêve, à un autre rêve. Pour ces chamans, c’était une tentative partagée, ardemment pratiquée avec dans la première attention, ou le royaume de la vie de tous les jours –- indiquant l’opportunité d’étendre son attention au-delà du champ du rêve individuel pour rêver avec d’autres. Les étudiants de don Juan disaient que ce déplacement, cette accentuation passant de Moi à Nous, forme la base d’une communauté, dans laquelle le déplacement perceptuel chez l’un des membres de la communauté peut initier un déplacement dans toute la communauté. Les chamans considèrent que cette adaptabilité est innée chez les êtres humains, tout comme elle l’est dans d’autres communautés vivantes, comme le système solaire, les bosquets d’arbres, les bandes de coyotes, les groupes de lézards, les oiseaux migrateurs, et les insectes industrieux.
***
Au cours de cet Evènement de Pratique, une nouvelle génération d’instructeurs de Tenségrité guideront les participants dans l’art de la Tenségrité: en pratiquant des passes magiques et des exercices de traquer le soi, aidant chacun à rassembler l’énergie et la conscience et à préparer la fluide endurance nécessaire pour rêver ensemble.
***
Juste avant chaque Evènement de Pratique, il y aura une Classe d’Introduction spéciale d’une heure et quart, obligatoire et destinée à tous les nouveaux venus (les participants qui n’ont jamais assisté à un évènement sponsorisé par Cleargreen comme un Evènement de Pratique de la tournée du CD, un Séminaire, ou une Classe guidé par les Instructeurs de Tenségrité.) Bien qu’une attention spéciale soit donnée à l’instruction des nouveaux venus, la classe est ouverte à tous les participants de l’Evènement de Pratique.
Pour vous enregistrer et pour plus de renseignements, merci de vous rendre sur le site de Cleargreen dans la rubrique “Séminaires”
12:28 Publié dans Pratiques de Tenségrité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda
11.09.2008
Amour après amour

Le temps viendra
où, avec exaltation,
tu t’accueilleras en arrivant
à ta propre porte, devant ton propre miroir,
et chacun sourira à l’accueil de l’autre,
et dira, assieds-toi ici. Mange.
Tu aimeras à nouveau l’étranger qui était toi-même.
Donne du vin. Donne du pain. Redonne-lui ton coeur,
à l’étranger qui t’a aimé
toute ta vie, que tu as ignoré pour un autre,
qui te connaît par coeur.
Enlève les lettres d’amour sur l’étagère,
les photographies, les notes désespérées,
épluche ton image dans le miroir.
Assieds-toi. Regale-toi de ta vie.
Derek Walcott
20:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda, poésie
26.08.2008
La Stratégie du Nagual
A paraître le 22 Janvier 2009 aux Editions Alphée...
Amazon.fr
Notes de l’éditeur mexicain
Ce livre est une collection de témoignages sur Carlos Castaneda, où certains de ses plus proches apprentis mexicains ont accepté de raconter leur relation avec ce personnage.
Carlos Castaneda est un intellectuel contemporain, qui suscita une grande polémique. Celle-ci débuta dès la publication de ses premiers travaux littéraires, qui touchèrent des millions de lecteurs dans le monde entier, non seulement au niveau académique, mais également à tous les niveaux de la société.
Ses livres, qui sont toujours avidement recherchés, ont résolument et profondément influencé une génération entière de penseurs. Castaneda, avec un grand talent littéraire, a orienté l'attention du monde sur le nagualisme, un système d’anciennes pratiques et de croyances chamaniques, datant du Mexique préhispanique. Un système dont les énoncés et les croyances font preuve d’une grande profondeur intellectuelle et conceptuelle ; ce qui n'est pas habituellement attendu des traditions indigènes du Mexique, si nous devions juger ces énoncés selon le point de vue officiel de l'anthropologie actuelle.
Le lien entre Castaneda et le Mexique a commencé dans les années 1950, quand il s'est embarqué dans son voyage et a effectué son terrain auprès de ce vieil et étrange Indien yaqui, don Juan Matus, son maître dans l'art de la sorcellerie.
Le voyage de Castaneda s’est terminé en mai 1998, quand Florinda Donner et les autres sorcières sont retournées dans son désert bien-aimé de Sonora pour disperser ses cendres. On raconte que l'endroit exact où se déroula la cérémonie se trouve sur cette fameuse colline qui, en une certaine occasion, lui fut « donnée » par son maître ; une colline qui était un de ses endroits préférés sur la Terre, et qu’il visitait autant dans ses rêves que durant ses voyages à l’état de veille.
L'activité publique de Castaneda se divise en deux phases. La première phase se déroula du milieu des années 1970 jusqu'au début des années 1990. Durant cette période, Castaneda resta très réservé au sujet de sa vie privée, au point de ne pas permettre d'être photographié, ni enregistré. Ses rares contacts eurent lieu avec des personnes qui étaient soigneusement choisies par quelque chose d’assez vague, qu’il appelait des « indications ».
Vers le milieu des années 1980, Carlos commença à entraîner gratuitement de petits groupes d'apprentis. Ces groupes, au caractère très privé, se décrivaient eux-mêmes comme une « société non ésotérique mais fermée ». Ce cercle d’étudiants fut successivement dirigé au Mexique par Fausto Rosales, Martha Venegas, Carlos Ortiz de la Huerta, Marivi de Teresa et Toni Karam.
La seconde phase du travail de Castaneda se déroula entre 1994 et 1998. Durant ces quatre années d’activité, le nagual se consacra à donner des conférences à de larges audiences et à organiser des séminaires orientés vers la pratique des exercices appelés « Tenségrité ». Selon Carlos, ce changement de stratégie fut motivé par le retour de Carol Tiggs, la femme nagual ; un événement qui scella officiellement la fin de la lignée de don Juan Matus, et marqua le commencement d’une nouvelle ère pour le nagualisme.
Il ne fait aucun doute que Carlos était spécial, et qu’il était un formidable traqueur. Il connaissait précisément, parmi les personnes qui l’entouraient, les points qui étaient les plus douloureux, et il les fustigeait afin de les aider à se réveiller. On peut deviner qu’une telle attitude eut pour effet de « blesser » un grand nombre d’individus, qui furent incapables de comprendre ce que le nagual leur avait enseigné. Ces personnes se dédièrent rapidement à diffamer et à discréditer son message de liberté.
Certaines des rumeurs entourant sa vie privée sont vraies, d’autres sont fausses, et cela ne diminue en rien l’étendue de son travail, car pour ceux qui sont intéressés par le sujet, il reste la possibilité d’expérimenter directement ses enseignements. En outre, il déclara lui-même à plusieurs occasions qu’en tant qu’être humain il était un individu ordinaire.
Séparer l’homme du nagual n’est pas une tâche facile. Mais les guerriers qui ont une intention inflexible de liberté, libre de toute fantaisie et d’idéalisme, savent que le nagualisme n’est pas une religion mais un chemin individuel de connaissance et de corroborations, et qu’il ne peut-être soutenu que par un dessein abstrait.
Un lecteur de Castaneda peut être considéré comme un apprenti seulement lorsqu’il décide de mettre de côté les maîtres et qu’il fait lui-même face à la connaissance ; et il peut s’appeler lui-même un guerrier seulement lorsqu’il a fait le premier pas dans la lutte contre son propre ego.
Beaucoup de livres se sont inspirés et ont été écrits sur le travail de Castaneda. Cependant, le témoignage direct de ceux qui reçurent son instruction et ses enseignements faisait défaut. C’est pour cette raison que nous nous sommes dédiés à la tâche de réunir les entretiens constituant le présent volume, dans l’espoir qu’ils seront utiles pour les chercheurs qui sont sincèrement intéressés par le sujet.
Ces entretiens sont fiables, et sont le reflet des personnes sérieuses qui, pour une raison ou pour une autre, ont croisé le chemin du nagual. J’ai la chance de connaître beaucoup d’entre eux, et je vois comment ils luttent pour vivre leur vie impeccablement. Chacun d’entre eux possède une forte personnalité et une référence qui lui est propre. Leur admiration pour l’être humain qu’était Carlos Castaneda et pour son travail est le résultat légitime d’avoir été témoins des activités d’une personne hors du commun.
Les pages suivantes montrent comment la présence du nagual a affecté leurs vies de façon dramatique, et comment chacun d’entre eux a par la suite interprété la connaissance qu’il a reçu, selon son propre point de vue individuel et son expérience.
Ces témoignages ont l’intention de secouer la conscience du lecteur, pas tant à cause de la particularité des auteurs ou de leurs accomplissements, mais parce que l’implication du nagualisme est aujourd’hui plus vivante que jamais et qu’il est possible de rejoindre cette intention, peu importe qui vous êtes ou avez été.
Juan Yoliliztli
18:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda, livre
17.05.2008
La Mort comme conseillère
Du plus loin que je m’en souvienne, la présence silencieuse des êtres qui mouraient a toujours été là dans ma perception.
Les premiers souvenirs sont un peu énigmatiques, sans véritable position du corps, sauf une perception nette des pieds.
J’étais à la plage, le soir tombait et on m’avait envoyée de l’autre côté de la dune chercher des cigarettes dans la maison de bois et de verre en contrebas.
Le chemin fait de caillebottis permettait de l’emprunter mille et une fois sans effondrer la dune qui protégeait de l’érosion de la mer. Oui, mais moi (je devais avoir près de trois ans) dans ma petite robe blanche, je n’aimais pas les échardes qui voulaient toujours se planter dans mes pieds menus. J’avais beau leur parler et faire très attention à la manière dont je posais mes pieds, je pouvais encore ressentir leur contact comme la scie qui les avait découpés en lattes…
Le soleil envoyait ses rayons rougeâtres sur les formes rondes de sable, quand tout d’un coup tout a basculé. Suis-je tombée ? Il ne me semblait pas, mais soudain le soleil était de l’autre côté, et sur le sable des ombres cherchaient, et moi je voyais un jeune garçon jouer comme mon frère avec un sceau et du sable. J’ai gesticulé en criant « Ohé ! Il est là celui que vous cherchez ! ».
Mais j’étais trop petite, personne ne me remarquait, sauf ce garçon qui me fit un sourire. C’est le sol qui attira mon attention, il était devenu soyeux, lisse, poli, oui c’était ça, poli comme le garçon qui m’avait souri. Je le regardai un instant, et puis des cris derrière moi me ramenèrent au soleil rougeoyant. Je me retournai vers les adultes qui faisaient de grands gestes, « Ah oui, leurs cigarettes ! » Le sol avait repris sa texture brute.

Un jour on est allé à une autre plage, celle-là avait de longues bandes de sable brunes avec des dessins merveilleux. Au pied, c’était doux et tiède, il y avait des trous avec des bulles et des petits crabes. Michel, le nouveau protégé de ma mère, m’avait appris à les ramasser. Je les mettais dans un petit sceau de plage en plastique blanc avec des dessins comme le sable. Il faisait chaud. On m’avait demandé d’être gentille et d’attendre sur la marche du perron de la maison à l’ombre. J’ai joué avec mes crabes. Puis il en y a eu quelques uns qui se sont mis à flotter. Un autre homme est arrivé, il m’a demandé ce que je faisais là. Je lui ai montré les petites carapaces immobiles. « Ils sont morts », ai-je dit. « Comment connais-tu ce mot ? ». « Je sais pas, ils sont comme le frère de Michel, c’est tout ».
Il y eut des cris, des claquements de portes, du drame, des pleurs, et puis le silence… Dans la ville, plus personne, seul le hululement de l’océan pendant l’équinoxe nous tenait compagnie.
Et quelques temps plus tard, ma mère m’a expliqué pourquoi Michel avait été si présent chez nous. Il avait perdu son petit frère une après midi à l’océan au début de l’été, et comme elle aussi elle avait perdu une petite fille, cela les avaient rapprochés. « Tu comprends ? » avait-elle lancé de son regard de biche égarée dans le monde. Le petit frère de Michel me faisait encore un signe de la main, je hochais la tête pour leur dire à tous les deux que je savais. Aucune tension dans mon corps, en mémoire, juste une acceptation profonde des choses du monde ; le rêve et la réalité ne faisait qu’un pour moi.
Maman me fit ouvrir le tiroir interdit - car il était cassé - de sa commode. De son lit, elle pilota l’opération. Elle me fit extraire de l’obscurité du tiroir une longue mèche brune tressée, une boucle blonde et une poupée de porcelaine des années vingt. Elle me raconta qu’elle avait fait couper ses cheveux à la mort de ma sœur, qu’elle avait gardé cette boucle et sa poupée car elle n’avait pas de pierre tombale pour s’y recueillir.
Toucher ces objets me fit frissonner. L’odeur du tiroir ressemblait à une forte odeur de baume au camphre. Et je remis tout à sa place.
Et je ne sais plus comment, mais sûrement par solitude, ou dû à l’amour que ma mère portait encore à cette enfant morte, je me suis mise dans le jeu d’être avec ma sœur morte pour compagnie. J’ai joué avec elle de nombreuses années. Nous en étions arrivées à être complices, à jouer, à être jumelles, elle là-bas et moi ici. Mais le monde des rêves où nous allions était terrorisant pour moi. Et je finis par être insomniaque… le rêve se vivait de jour, et la nuit le monde des ombres entrait dans ma chambre, et je restais les yeux grands ouverts.
La mort de mes deux parents à 20 et 22 ans avait paru me donner une connaissance suffisante de ce qu’était la mort. Il me semblait qu’au mieux de ma conscience, j’avais compris de ce que don Juan appelait « la mort comme conseillère ». Mais au fond j’avais développé un côté morbide où j’investissais beaucoup d’énergie à m’empêcher de respirer, et à lutter pour survivre.
Pendant longtemps, j’ai cru que guérir m’éloignerait de cette conscience aigüe. Une fois, un de mes cousins germains est mort, et il est venu me voir dans mon rêve. Je lui ai posé cette question : « Comment est-ce la mort ? » Et il m’a répondu, « C’est un rêve dont on ne se réveille plus ».

Dernièrement j’ai fait un rêve :
Je suis comme en voiture mais c’est une planche avec des roulettes ; je suis entourée de personnes que je connais, mais je suis seule ; j’ai l’impression d’être habillée, mais je suis nue. J’avance sur la voie du milieu, ni à droite, ni à gauche, lorsqu’un être comme une boule incandescente passe à vive allure sur ma gauche et me frôle. Mon corps gauche s’anime d’une onde que je qualifierais de frisson dans la première attention ; je reconnais la mort. Mon côté droit comprend et annonce, « Ouf, c’est pas passé loin ! » Il y a un ralentissement collectif, nous arrivons à un rond point.
Le souvenir de ce rêve m’est resté toute la journée, et dans l’après-midi le nom d’un praticien a raisonné de façon tout à fait inhabituelle au cours d’une conversation. J’ai appris le surlendemain qu’il était mort ce jour-là.
Connaître la mort comme une voisine de pallier ne suffit pas, ce n’est pas cela qui est demandé aux guerriers de l’infini. C’est d’autre chose qu’il s’agit. Lorsque nous avons fait la pratique en hommage au praticien décédé, une praticienne a fait remarquer qu’il était question de « conseillère » .
Conseillère ? Oui, j’avais bien essayé de me retourner vers la gauche et de lui parler, lui poser des questions mais sans succès.
Alors j’ai demandé à l’Infini d’être témoin de quelqu’un qui meurt.
Le mardi 8 janvier 2008, alors que j'allais faire mes taches administratives - banque, photocopies -, je remarquai que dans la rue on me regardait avec une attention particulière. Alors que j'hésitai à revenir sur mes pas pour aller chercher ma voiture ou rentrer chez moi, je décidai d’un coup d'avancer d'un bon pas vers cette dernière garée dans un parking à 250 m de là. En arrivant sur la place qui donne sur le parking, mon attention fut captée par une personne qui venait de tomber au sol.
Les gens s’étaient arrêtés. Elle, elle essayait de relever la tête lorsque j’arrivais. On me dit qu'on était parti chercher du secours.
On la tourna sur le côté. Je sus que c'était grave; ses lèvres devenaient bleutées.
On lui parla. Je glissai ma main pour lui soutenir la tête, et je la vis partir dans la lumière du petit matin.
Sa conscience est sortie par ses yeux. Je l’ai suivie un instant, elle a parcouru le long couloir de lumière, et s’est présentée.
La cardiologue arriva et, tout en appelant le SAMU, commença un massage cardiaque.
Le temps se suspendit.
...
Elle est là, entre deux mondes. Sa vie défile, sa pauvre vie d’esclave. Je la tiens. Elle flotte comme un ballon de foire. Je sens encore le poids de sa tête dans ma main, son corps malmené est encore chaud.
Je demande son prénom: Michèle.
La cardiologue me regarde et dit, « Ya certaine fois où on ne sait pas ce qui vaut mieux.»
Je l'appelle et je lui dis qu'elle peut partir si elle veut, c'est maintenant ; je la lâche.
« Quand même ! » lance le cardiologue avec un regard noir, et je rajoute, « Oui, c’est beau la vie.»
Il y eut un silence, les passants étaient recueillis.
Elle leva sa tête et expira par deux fois.
Les secours sont arrivés 15 minutes plus tard. L'autre personne avec qui j'étais ne parvenait pas à lui lâcher la main. Les pompiers ont sécurisés le périmètre. Nous sommes partis.
C’est irréfutable, je vais mourir.
20:05 Publié dans Evènements Mémorables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda
15.04.2008
Les Fautes d'Inattention
Je suis né dans une famille de bretons, sur une terre de légendes : celles d’Arthur et de la quête du Graal, de l’enchanteur Merlin, des lutins de forêts, des fées et des korrigans des landes changés en pierres quand ils étaient surpris par le jour.
Et aussi un pays « d’irréductibles gaulois » à l’image d’Asterix : isolés, résistants et têtus.
Ma grand-mère racontait souvent quand j’étais enfant comment lorsqu’elle était à l’école (primaire), elle avait du cesser de parler breton, sa langue maternelle interdite, sinon elle était punie. Deux générations plus tard, ma langue maternelle est le français et je n’ai jamais appris le breton, je baragouine.
Mais j’ai intégré ceci : on ne peut pas s’exprimer, il faut dire qui on est dans une autre langue, faire comme si on était un autre.
En CE1, la première année dans la grande école, j’ai 7 ans, c’est le mois de juin, il fait beau. C’est la récré de 15h et c’est mon tour d’aller vider la poubelle de la classe dans la grande poubelle de l’école, un endroit mystérieux où je ne suis jamais allé. Pour cela il faut traverser la cour de récréation. Je suis heureux d’aller explorer cet endroit, seul, j’ai quelque chose d’important à faire, une mission.
En revenant, la poubelle à la main, un bidon de lessive en carton décoré, je cours presque vers la classe, emporté dans un élan, alerte, sautillant et plein de vie. Je traverse la cour et passe au milieu d’un match de foot disputé par les autres garçons. Et sans vraiment comprendre ce qui se passe, je marche sur le ballon et tombe sur le côté droit.
J’ai très mal à l’épaule, un peu sonné parce que ma tête aussi a cogné par terre, j’ai du mal à respirer; haletant. Quand je respire ça me fait très mal au côté droit. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. Le match de foot s'arrête, les joueurs se regroupent autour de moi. Certains me demandent si ça va. Ils essaient de me relever mais je crie quand on me touche le bras. La maîtresse arrive, puis celle de CE2 qui est une cousine éloignée de ma mère, quelqu’un de « la famille ».
Je ne veux pas pleurer parce que tout le monde me regarde et parce que ça me ferait mal au côté. Je serre les dents et la mâchoire. Impossible de me relever, ça fait trop mal quand j’appuie sur le bras droit. Quand la maîtresse me demande si ça va, je dis, « Oui. » Et fini par me relever péniblement pour aller m’asseoir dans la classe. Quand elle me demande si j’ai mal, je dis, « Non, ça va. »
Mais en fait je souffre beaucoup.
Mon dialogue : « Ils vont me prendre pour un bébé si je montre que j’ai mal. Je dois faire comme si de rien n’était, être fort pour qu’on m’admire. »
Ensuite, j’ai attendu la fin de la classe, la maîtresse a demandé à ma petite sœur qui était en maternelle de porter mon sac. En descendant du car, ma mère commence par me gronder quand elle voit que ma sœur porte mon sac; puis, quand je fonds (enfin!) en larmes et dis que j’ai très mal à l’épaule et que je suis tombé, on va chez le médecin. Dès qu’il me voit entrer dans le cabinet, en voyant l’épaule pendante, il s'exclame, « Clavicule cassée! »
En récapitulant cette histoire, plusieurs fois, et en faisant l’exercice du témoin, plusieurs fois aussi, j’ai vu d’abord ce dialogue : « Il ne faut rien montrer », et, « Je me suis encore fait remarquer ». J’ai vu la peur qu’on me trouve bizarre, encore « dans la lune », et qu’on se moque de moi. Les épaules et clavicules en avant, tombantes, la nuque tendue, la sensation d’étouffer, de ne pas pouvoir respirer. Un boule dans la gorge et dans l’estomac, presque la nausée et surtout une envie de pleurer qui n’est jamais sortie.
Depuis ma nouvelle position physique, les clavicules ouvertes et détendues, le ventre détendu et le dos droit, je vois que mon attention au moment de traverser la cour de récréation était déjà dans la classe, j’étais tiré en avant, comme happé par un tunnel lumineux, joyeux, essayant d’être « un bon garçon ». Je ne voyais pas les autres autour en traversant.
« Tu n’as pas fait attention »
« Tu ne fais jamais attention à ce que tu fais »
Pourtant, j’étais totalement investi dans ce que je faisais. Mon attention justement était pointue, capable d’une grande concentration, au point d’oublier le monde autour. Je peux maintenant à nouveau sentir cette attention qui part et s’enfonce dans un détail: un arbre qui bouge par la fenêtre de la classe pendant un exercice de math, et qui me fait faire une faute « d’étourderie » quand je reviens à l’exercice. Cette attention particulière qui m’a permis d’être bon élève, parce que tout était une occasion d’exploration pour mon regard curieux, mais cela me faisait aussi faire des « fautes d’inattention » quand j’étais distrait par un détail extérieur.
Avec le temps, cela m’a valu une solide réputation de « qui n’écoute pas », de distrait, de maladroit, et plus tard de « mou » et d’inactif.
L’épaule droite a été réparée, mais la répercussion du choc, je la sens encore : plus de 20 ans après, j’ai une tendance aux torticolis et une tendinite à l’épaule gauche qui revient périodiquement. Et surtout, j’avais intégré ces dialogues et comportements: « Je souffre en silence, je prends sur moi, je ne dis pas ce que je ressens, je dois me contrôler. » Et aussi ces jugements : « Je suis distrait, maladroit et apathique. » Et pour finir : « Je n’arrive pas à contrôler mes rêves. »
J’attends que ça se passe, le dos courbé, le regard fermé, dans une bulle, les jambes molles et la poitrine fermée, le plexus noué et la respiration uniquement en haut à gauche. Et je n’ai jamais joué au foot, d’ailleurs je n’ai jamais su les règles exactes et après ça, je n’ai plus voulu jouer à aucun sport collectif où il y avait un ballon. J’étais ailleurs, dans mon monde imaginaire.
Toutes ces excuses m’empêchaient de me laisser aller à ma prédilection: rêver.
Le regard ouvert, l’œil pétillant, prêt à agir, la poitrine ouverte avec une respiration ample et profonde, le ventre détendu, décompressé, et les pieds bien ancrés sur le sol.
Je re-rêve à présent cette scène: prêtant attention à l’entourage, à ce qui m’entoure, particulièrement les personnes, comme avant de traverser une route, je regarde des deux côtés, et j’avance, conscient du monde périphérique, gardant une vue globale. Et si je tombe, je dis tout de suite que j’ai mal, que je ne peux pas bouger l’épaule; la maîtresse m’emmène à part dans la classe ou à l’infirmerie pour évaluer la situation.
Et puis surtout, hors du regard du groupe autour, je prends soin de ce petit enfant effrayé qui s’est recroquevillé dans un coin, qui ne supporte pas qu’on le touche parce que ça fait mal. Je m’occupe de mon petit enfant, je le rassure: « Tu as le droit d’avoir mal et de dire que tu as mal. » Je le rassure, appelle sa mère et un docteur immédiatement. Je pose ma main sur son ventre, délicatement, et l’autre sur le dos, affectueusement. Et je laisse la maîtresse, qui est de ma famille, me poser la tête en douceur sur son cœur. Je mérite d’être aimé.
Ça fait chaud dans le ventre et la poitrine, l’estomac et le plexus, j’ai envie de mettre mes bras autour de ce corps chaud et tendre, de me laisser aller à cette étreinte, cet acte merveilleux et doux, et surtout nouveau. En faisant attention au monde autour, je peux y arriver. Je laisse mon corps s’exprimer parce que j’ai confiance en lui.
« Tu es beau, talentueux et magique et je t’aime, mon rêveur. »
17:50 Publié dans Evènements Mémorables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda
03.03.2008
L'aigle poule

Un jeune Indien se promenait seul dans la forêt.
Il trouva un oeuf d'aigle.
Croyant qu'il s'agissait d'un oeuf de poule de prairie, il le deposa
dans un nid de poule de prairie.
L'oisillon vint au monde entouré de poules.
Il se mit à marcher comme une poule, caqueter comme une poule, picorer
comme une poule.
Un beau jour de printemps, le jeune oiseau vit une chose magnifique,
c'était un immense oiseau qui s'élevait en planant dans les airs, avec
une grande élégance.
"Qu'est-ce que c'est que cet oiseau?", demanda le petit aigle élevé
parmis les poules de prairie.
"C'est un aigle, l'oiseau le plus beau de tous les oiseaux !".
Le petit aigle songea au privilège que ce devait être de pouvoir ainsi
voler avec tant de grâce.
Mais comme il savait qu'il ne pourrait jamais être un aigle, le jeune
oiseau oublia rapidement son rêve.
Il vécut toute sa vie et mourt croyant qu'il était une poule de prairie.
Conte du Folklore des Indiens d'Amérique
11:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda, poésie
11.02.2008
Elevation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
Baudelaire, Les fleurs du mal III
10:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda, poésie
Groupe de Genève

Tous les lundis de 18h30 à 20h30 à la salle de rythmique de l'école Saint-Jean
12 rue de Saint-Jean
Participation : Se renseigner
Contact : Maurice
meyer@risk.ch
09:45 Publié dans Groupes de Pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda
05.02.2008
Les deux loups

Un soir, un vieil indien Cherokee parla à son petit-fils du combat qui a lieu à l'intérieur des gens. Il lui dit :"Mon fils, le combat a lieu entre deux 'loups' qui sont en nous. L'un d'entre eux est le Mal. Il est colère, envie, jalousie, douleur, regret, avidité, arrogance, apitoiement, sentiment d'infériorité, mensonges, orgueil, supériorité et ego. L'autre est le Bien. Il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, gentillesse, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et confiance."
Le petit-fils y songa durant un instant,
puis demanda à son grand-père, "Lequel des deux loups gagne ?"
Le vieux Cherokee répondit simplement..."Celui que tu nourris".
10:20 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda, poésie
25.01.2008
Une vérité élémentaire
« Avant que l’on soit engagé, il y a de l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours cette inefficacité. Concernant toutes les initiatives (et les actes de création), il existe une vérité élémentaire, l’ignorance de celle-ci tue les idées et les plans les plus splendides : Au moment où l’on s’engage complètement, la Providence elle aussi commence à bouger. Toutes sortes de choses se produisent pour nous aider, des choses qui autrement ne seraient jamais arrivées. Un torrent entier d’événements découlant de cette décision ont lieu en notre faveur sous la forme d'aide matérielle, de rencontres, et d’incidents inopinés, que l'on n’aurait jamais pu rêver arriver de cette façon. J’ai un grand respect pour un couplet de Goethe, où il dit :
Quoi que tu puisses faire ou rêver de faire, démarre-le.
L’audace a du géni, du pouvoir et de la magie ! »
W.H. Muray
The Scottish Himalayan Expedition
08:25 Publié dans Petites Notes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda
20.01.2008
Le Voyage
Un jour tu as finalement su
Ce que tu avais à faire et à commencer,
Bien que les voix autour de toi
Te hurlaient encore
Leurs mauvais conseils-
Bien que toute la maison
Ait commencé à trembler
Et que tu aies encore
Ce boulet à ta cheville.
« Répare ma Vie ! »
Pleurait chaque voix.
Mais tu ne t’es pas arrêté.
Tu savais ce que tu avais à faire,
Bien que le vent attaquait
De ses doigts obstinés
Les fondations les plus intimes,
Bien que leur mélancolie
Etait atroce.
Il était déjà assez tard,
La nuit était déchaînée,
Et la route pleine de branches tombées
Et de pierres.
Mais petit à petit,
Comme tu laissais les voix derrière,
Des étoiles ont commencé à briller
A travers le manteau de nuages,
Et il y a eu une voix nouvelle
Que tu as lentement
Reconnue comme étant la tienne,
Qui t’a tenu compagnie
Tandis que tu arpentais à grands pas
Le monde, de plus en plus loin,
Déterminé à faire
La seule chose que tu pouvais faire-
Déterminé à sauver la seule vie que tu pouvais sauver.
Mary Oliver
19:30 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, poésie
07.01.2008
Intensif Européen
En cette première nouvelle Lune de l'année, nous avons le plaisir de vous proposer un intensif européen Nord-Sud, organisé conjointement avec les praticiens hollandais.
Cet intensif aura lieu en France et en Hollande, pour le pont du 8 mai en France (8-11 mai), le lundi 12 étant le lundi de Pentecôte.
Partie "Sud" - Sud de la France :

Le lieu est l'Aubrac, qui signifie "lieu élevé", situé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle reliant la Hollande à l'Espagne.
La ville d'Aubrac est accessible en voiture (30 km de l'autoroute) et se situe à une heure des gares et aéroports (gare et aéroport de Rodez ; possibilité de co-voiturage depuis la gare ou l'aéroport en fonction des disponibilités de chacun).
Programme de la pratique :
Jeudi 8 mai : 14h - 20h
Vendredi 9 mai : 10h - 20h
Samedi 10 mai : 10h - 20h
Dimanche 11 mai : 10h - 21h30
Le prix de la pratique sera calculé en fonction du nombre de participants et n'excédera pas 10 euros par jour.
Contact pour la France : Valentine
valentsole@free.fr
05 65 47 43 41 (ou) 06 12 19 38 37
Pour vous inscrire, envoyez un mail à Valentine qui vous renverra un pack contenant toutes les indications concernant les situations d'accès et les conditions de logement sur place (nombreux gîtes, chambres d'hôtes et hôtels).
Partie "Nord" - Sud des Pays-Bas :
Cette pratique intensive se tiendra au Sud des Pays-Bas, près de l'endroit où l'Allemagne, la Belgique et la Hollande se rejoignent. C'est pourquoi cet endroit est aussi appelé Drielandenpunt, "lieu des trois pays".Information en français
Programme de la pratique :
Samedi 10 mai : 12h30 - 20h00
Dimanche 11 mai : 11h30 - 21h30
Lundi 12 mai : 9h30 - 12h30
Le dimanche 11 et le lundi 12 mai sont fériés en Hollande, en Allemagne, en Belgique et en France.
Accès et logement :
Le lieu de la pratique se situe à la frontière de Gulpen, un village hollandais, proche de la nature.

La salle de pratique peut accueillir plusieurs centaines de personnes et peut être divisée en deux parties. Il y a suffisamment de places de parking et la station de bus est également proche du lieu de la rencontre, des logements, ainsi que des restaurants. Tout est accessible à pieds. Nous prévoyons de louer des chalets pouvant accueillir 6 personnes par chalet, ils sont équipés d'une cuisine et d'un salon.
Voir les chalets : http://www.heuvelland.com/aurora/
Le prix est de 190 euros pour 6 personnes de vendredi après-midi 14h au lundi matin 10h. D'autres possibilités de logement sont envisageables.
Contact - inscription à la pratique (en français et en anglais) :
Liesbeth taish@orange.nl
Contact - réservation en chalet (en anglais) :
Geert g.heidema@hb.unimaas.nl
Contact pour la Hollande (en français) :
Colline xicopini@yahoo.fr

Avec affection
Geert, Arthur, Liesbeth, Valentine, Lucie, Colline
10:20 Publié dans Pratiques de Tenségrité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tenségrité, castaneda





























