17.05.2008

La Mort comme conseillère

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Du plus loin que je m’en souvienne, la présence silencieuse des êtres qui mouraient a toujours été là dans ma perception.
Les premiers souvenirs sont un peu énigmatiques, sans véritable position du corps, sauf une perception nette des pieds.
J’étais à la plage, le soir tombait et on m’avait envoyée de l’autre côté de la dune chercher des cigarettes dans la maison de bois et de verre en contrebas.

Le chemin fait de caillebottis permettait de l’emprunter mille et une fois sans effondrer la dune qui protégeait de l’érosion de la mer. Oui, mais moi (je devais avoir près de trois ans) dans ma petite robe blanche, je n’aimais pas les échardes qui voulaient toujours se planter dans mes pieds menus. J’avais beau leur parler et faire très attention à la manière dont je posais mes pieds, je pouvais encore ressentir leur contact comme la scie qui les avait découpés en lattes…

Le soleil envoyait ses rayons rougeâtres sur les formes rondes de sable, quand tout d’un coup tout a basculé. Suis-je tombée ? Il ne me semblait pas, mais soudain le soleil était de l’autre côté, et sur le sable des ombres cherchaient, et moi je voyais un jeune garçon jouer comme mon frère avec un sceau et du sable. J’ai gesticulé en criant « Ohé ! Il est là celui que vous cherchez ! ».
Mais j’étais trop petite, personne ne me remarquait, sauf ce garçon qui me fit un sourire. C’est le sol qui attira mon attention, il était devenu soyeux, lisse, poli, oui c’était ça, poli comme le garçon qui m’avait souri. Je le regardai un instant, et puis des cris derrière moi me ramenèrent au soleil rougeoyant. Je me retournai vers les adultes qui faisaient de grands gestes, « Ah oui, leurs cigarettes ! » Le sol avait repris sa texture brute.

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Un jour on est allé à une autre plage, celle-là avait de longues bandes de sable brunes avec des dessins merveilleux. Au pied, c’était doux et tiède, il y avait des trous avec des bulles et des petits crabes. Michel, le nouveau protégé de ma mère, m’avait appris à les ramasser. Je les mettais dans un petit sceau de plage en plastique blanc avec des dessins comme le sable. Il faisait chaud. On m’avait demandé d’être gentille et d’attendre sur la marche du perron de la maison à l’ombre. J’ai joué avec mes crabes. Puis il en y a eu quelques uns qui se sont mis à flotter. Un autre homme est arrivé, il m’a demandé ce que je faisais là. Je lui ai montré les petites carapaces immobiles. « Ils sont morts », ai-je dit. « Comment connais-tu ce mot ? ». « Je sais pas, ils sont comme le frère de Michel, c’est tout ».

Il y eut des cris, des claquements de portes, du drame, des pleurs, et puis le silence… Dans la ville, plus personne, seul le hululement de l’océan pendant l’équinoxe nous tenait compagnie.
Et quelques temps plus tard, ma mère m’a expliqué pourquoi Michel avait été si présent chez nous. Il avait perdu son petit frère une après midi à l’océan au début de l’été, et comme elle aussi elle avait perdu une petite fille, cela les avaient rapprochés. « Tu comprends ? » avait-elle lancé de son regard de biche égarée dans le monde. Le petit frère de Michel me faisait encore un signe de la main, je hochais la tête pour leur dire à tous les deux que je savais. Aucune tension dans mon corps, en mémoire, juste une acceptation profonde des choses du monde ; le rêve et la réalité ne faisait qu’un pour moi.

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Maman me fit ouvrir le tiroir interdit - car il était cassé - de sa commode. De son lit, elle pilota l’opération. Elle me fit extraire de l’obscurité du tiroir une longue mèche brune tressée, une boucle blonde et une poupée de porcelaine des années vingt. Elle me raconta qu’elle avait fait couper ses cheveux à la mort de ma sœur, qu’elle avait gardé cette boucle et sa poupée car elle n’avait pas de pierre tombale pour s’y recueillir.

Toucher ces objets me fit frissonner. L’odeur du tiroir ressemblait à une forte odeur de baume au camphre. Et je remis tout à sa place.

Et je ne sais plus comment, mais sûrement par solitude, ou dû à l’amour que ma mère portait encore à cette enfant morte, je me suis mise dans le jeu d’être avec ma sœur morte pour compagnie. J’ai joué avec elle de nombreuses années. Nous en étions arrivées à être complices, à jouer, à être jumelles, elle là-bas et moi ici. Mais le monde des rêves où nous allions était terrorisant pour moi. Et je finis par être insomniaque… le rêve se vivait de jour, et la nuit le monde des ombres entrait dans ma chambre, et je restais les yeux grands ouverts.

La mort de mes deux parents à 20 et 22 ans avait paru me donner une connaissance suffisante de ce qu’était la mort. Il me semblait qu’au mieux de ma conscience, j’avais compris de ce que don Juan appelait « la mort comme conseillère ». Mais au fond j’avais développé un côté morbide où j’investissais beaucoup d’énergie à m’empêcher de respirer, et à lutter pour survivre.
Pendant longtemps, j’ai cru que guérir m’éloignerait de cette conscience aigüe. Une fois, un de mes cousins germains est mort, et il est venu me voir dans mon rêve. Je lui ai posé cette question : « Comment est-ce la mort ? » Et il m’a répondu, « C’est un rêve dont on ne se réveille plus ».

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Dernièrement j’ai fait un rêve :

Je suis comme en voiture mais c’est une planche avec des roulettes ; je suis entourée de personnes que je connais, mais je suis seule ; j’ai l’impression d’être habillée, mais je suis nue. J’avance sur la voie du milieu, ni à droite, ni à gauche, lorsqu’un être comme une boule incandescente passe à vive allure sur ma gauche et me frôle. Mon corps gauche s’anime d’une onde que je qualifierais de frisson dans la première attention ; je reconnais la mort. Mon côté droit comprend et annonce, « Ouf, c’est pas passé loin ! » Il y a un ralentissement collectif, nous arrivons à un rond point.

Le souvenir de ce rêve m’est resté toute la journée, et dans l’après-midi le nom d’un praticien a raisonné de façon tout à fait inhabituelle au cours d’une conversation. J’ai appris le surlendemain qu’il était mort ce jour-là.
Connaître la mort comme une voisine de pallier ne suffit pas, ce n’est pas cela qui est demandé aux guerriers de l’infini. C’est d’autre chose qu’il s’agit. Lorsque nous avons fait la pratique en hommage au praticien décédé, une praticienne a fait remarquer qu’il était question de « conseillère » .
Conseillère ? Oui, j’avais bien essayé de me retourner vers la gauche et de lui parler, lui poser des questions mais sans succès.

Alors j’ai demandé à l’Infini d’être témoin de quelqu’un qui meurt.
Le mardi 8 janvier 2008, alors que j'allais faire mes taches administratives - banque, photocopies -, je remarquai que dans la rue on me regardait avec une attention particulière. Alors que j'hésitai à revenir sur mes pas pour aller chercher ma voiture ou rentrer chez moi, je décidai d’un coup d'avancer d'un bon pas vers cette dernière garée dans un parking à 250 m de là. En arrivant sur la place qui donne sur le parking, mon attention fut captée par une personne qui venait de tomber au sol.

Les gens s’étaient arrêtés. Elle essayait de relever la tête quand j’arrivais. On me dit qu'on était parti chercher du secours. On la tourna sur le côté. Je sus que c'était grave, ses lèvres devenaient bleutées. On lui parla. J’ai glissé ma main pour lui soutenir la tête, et je l’ai vu partir dans la lumière du petit matin, sa conscience est sortie par ses yeux. Je l’ai suivie un instant, elle a parcouru le long couloir de lumière, et s’est présentée.
La cardiologue arriva et, en appelant le SAMU, commença un massage cardiaque.
Le temps s’est suspendu.
...
Elle est là, entre deux mondes. Sa vie défile, sa pauvre vie d’esclave. Je la tiens. Elle flotte comme un ballon de foire. Je sens encore le poids de sa tête dans ma main, son corps malmené est encore chaud.
Je demande son prénom: Michèle.
La cardiologue me regarde et dit, « Ya certaine fois où on ne sait pas ce qui vaut mieux.»

Je l'appelle et je lui dis qu'elle peut partir si elle veut, c'est maintenant ; je la lâche.
« Quand même ! » lance le cardiologue avec un regard noir, et je rajoute, « Oui, c’est beau la vie »
Il y eut un silence, les passants étaient recueillis.
Elle leva sa tête et expira par deux fois.

Les secours arrivèrent 15 minutes plus tard. L'autre personne avec qui j'étais ne parvenait pas à lui lâcher la main. Les pompiers sécurisèrent le périmètre. Nous sommes parties.

C’est irréfutable, je vais mourir.

17.04.2008

Karma Ling Intensif de Septembre

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Selon l’enseignement de don Juan, «la récapitulation était une technique découverte par les sorciers du Mexique ancien, et employée dès lors par chaque praticien-shaman pour regarder et revivre toutes les expériences de leurs vies afin d’atteindre deux buts transcendantaux : le premier est le but abstrait d’obéir au code universel qui exige que la conscience soit abandonnée au moment de la mort ; et le deuxième est le but extrêmement pragmatique d’acquérir la fluidité de la perception. »
Carlos Castaneda, Passes Magiques


Dans un site naturel imprégné de silence, nous vous invitons à pratiquer les Passes Magiques et d’autres techniques qui nous ont été enseignées par les apprentis de Carlos Castaneda, Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar et Carol Tiggs, afin de récapituler nos expériences avec le sexe opposé, en remontant jusqu’à nos pères pour les femmes et nos mères pour les hommes. Pour nous permettre, en tant qu'êtres qui ressentent, de polir nos liens avec nos corps d'énergie, avec ce qui nous entoure, avec autrui.

D A T E S : La pratique aura lieu du dimanche 31 août à 17h au jeudi 4 septembre à 12h dans la Maison de la Sagesse à Karma Ling.

L I E U : Karma Ling se trouve en Savoie (France) à une demi-heure de Chambéry ou Grenoble. (accès par l’autoroute A41, sortie Pontcharra, et TGV depuis Paris 3h) Cliquez sur www.viamichelin.com pour plan, itinéraire et carte de l’Europe en plusieurs langues.

C O Û T : Une participation aux frais de location de la salle sera demandée en fonction du nombre d'inscriptions ainsi qu’un pourcentage du tarif des cotisation KL et Cleargreen (prix total estimé entre 25 et 30 euros par personne pour 5 jours) Paiement en espèces à l’entrée en euros, s.v.p.

C O T I S A T I O N : Karma Ling est une association à but non-lucratif et il est légalement nécessaire d’en être membre pour participer à toute activité ayant lieu sur le site. Un pourcentage de la cotisation de groupe est inclus dans le coût mentionné ci-dessus.

D E S C R I P T I F : Karma Ling est un centre Bouddhiste situé en Savoie à 800m d’altitude sur la ligne tellurique qui relie l'ancien Temple de Delphes en Grèce et le monastère du Mont St. Michel en Normandie. Le site est entouré de 52 hectares de montagne boisée s’ouvrant sur un coté pour offrir une vue de la vallée. Cliquez sur www.karmaling.org pour voir des photos et le plan d’accès.

LA M A I S O N D E L A S A G E S S E : La pratique aura lieu dans une structure vitrée de 200 m² en forme hexagonale au bout d'une grande esplanade en herbe qui surplombe la vallée.
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P R O G R A M M E :
Le programme sera rêvé par les praticiens des pays européens et avoisinants, en collaboration avec les instructeurs de Tenségrité.

I N S C R I P T I O N S :
Votre réservation de logement et/ou repas auprès de l’accueil à Karma Ling confirme votre inscription. Le nombre de places étant limité, il est conseillé de réserver au plus tôt. Si vous avez des questions, veuillez contacter Maurice à Genève: maurice@europeantensegrity.org, téléphone: 0041.22.340.78.70 (soir) 0041.78.709.56.70 (portable jour) Le pack de confirmation vous parviendra vers la mi-juillet.

H E B E R G E M E N T :
Plusieurs formules d'hébergement en pension complète (3 repas) sont proposées par Karma Ling à des prix très raisonnables: camping, appartements studio, chalets pour 1 à 5 personnes. Pour réserver, appelez d’abord l’accueil de Karma Ling au 04 79 25 78 00 (tous les jours, sauf mercredi, de 9h à midi, et de 13h30 à 17h30). Paiement des arrhes par carte bancaire, transfer, mandat, ou chèque (pour ces 2 derniers, téléchargez le formulaire de réservation sur le site www.karmaling.org et l’envoyez avec le chèque / mandat à:
Institut Karma Ling – Passes Magiques, Domaine d’Avalon, Hameau de St. Hugon, 73110 ARVILLARD.

R E S T A U R A T I O N :
Les trois repas font partie du forfait hébergement. Si vous ne logez pas à Karma Ling, vous pouvez réservez les repas du midi et du soir en avance. Les repas sont servis sous forme de buffet dans le réfectoire voûté de l'ancienne chartreuse et peuvent également être pris dehors sous les parasols dans la cour.

T R A N S P O R T : Des co-voiturages seront organisés entre praticiens par e-mail, listes de Tenségrité (pour vous inscrire, envoyer un mail à tenségrité@yahoogroupes.fr) ou par téléphone. Signalez, si vous arrivez à Genève par avion le dimanche ou à la gare de Pontcharra, pour un éventuel co-voiturage

Les nouveaux sont les bienvenus!

15.04.2008

Les Fautes d'Inattention

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Je suis né dans une famille de bretons, sur une terre de légendes : celles d’Arthur et de la quête du Graal, de l’enchanteur Merlin, des lutins de forêts, des fées et des korrigans des landes changés en pierres quand ils étaient surpris par le jour.
Et aussi un pays « d’irréductibles gaulois » à l’image d’Asterix : isolés, résistants et têtus.

Ma grand-mère racontait souvent quand j’étais enfant comment lorsqu’elle était à l’école (primaire), elle avait du cesser de parler breton, sa langue maternelle interdite, sinon elle était punie. Deux générations plus tard, ma langue maternelle est le français et je n’ai jamais appris le breton, je baragouine.
Mais j’ai intégré ceci : on ne peut pas s’exprimer, il faut dire qui on est dans une autre langue, faire comme si on était un autre.

En CE1, la première année dans la grande école, j’ai 7 ans, c’est le mois de juin, il fait beau. C’est la récré de 15h et c’est mon tour d’aller vider la poubelle de la classe dans la grande poubelle de l’école, un endroit mystérieux où je ne suis jamais allé. Pour cela il faut traverser la cour de récréation. Je suis heureux d’aller explorer cet endroit, seul, j’ai quelque chose d’important à faire, une mission.

En revenant, la poubelle à la main, un bidon de lessive en carton décoré, je cours presque vers la classe, emporté dans un élan, alerte, sautillant et plein de vie. Je traverse la cour et passe au milieu d’un match de foot disputé par les autres garçons. Et sans vraiment comprendre ce qui se passe, je marche sur le ballon et tombe sur le côté droit.

J’ai très mal à l’épaule, un peu sonné parce que ma tête aussi a cogné par terre, j’ai du mal à respirer; haletant. Quand je respire ça me fait très mal au côté droit. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. Le match de foot s'arrête, les joueurs se regroupent autour de moi. Certains me demandent si ça va. Ils essaient de me relever mais je crie quand on me touche le bras. La maîtresse arrive, puis celle de CE2 qui est une cousine éloignée de ma mère, quelqu’un de « la famille ».

Je ne veux pas pleurer parce que tout le monde me regarde et parce que ça me ferait mal au côté. Je serre les dents et la mâchoire. Impossible de me relever, ça fait trop mal quand j’appuie sur le bras droit. Quand la maîtresse me demande si ça va, je dis, « Oui. » Et fini par me relever péniblement pour aller m’asseoir dans la classe. Quand elle me demande si j’ai mal, je dis, « Non, ça va. »
Mais en fait je souffre beaucoup.

Mon dialogue : « Ils vont me prendre pour un bébé si je montre que j’ai mal. Je dois faire comme si de rien n’était, être fort pour qu’on m’admire. »

Ensuite, j’ai attendu la fin de la classe, la maîtresse a demandé à ma petite sœur qui était en maternelle de porter mon sac. En descendant du car, ma mère commence par me gronder quand elle voit que ma sœur porte mon sac; puis, quand je fonds (enfin!) en larmes et dis que j’ai très mal à l’épaule et que je suis tombé, on va chez le médecin. Dès qu’il me voit entrer dans le cabinet, en voyant l’épaule pendante, il s'exclame, « Clavicule cassée! »

En récapitulant cette histoire, plusieurs fois, et en faisant l’exercice du témoin, plusieurs fois aussi, j’ai vu d’abord ce dialogue : « Il ne faut rien montrer », et, « Je me suis encore fait remarquer ». J’ai vu la peur qu’on me trouve bizarre, encore « dans la lune », et qu’on se moque de moi. Les épaules et clavicules en avant, tombantes, la nuque tendue, la sensation d’étouffer, de ne pas pouvoir respirer. Un boule dans la gorge et dans l’estomac, presque la nausée et surtout une envie de pleurer qui n’est jamais sortie.

Depuis ma nouvelle position physique, les clavicules ouvertes et détendues, le ventre détendu et le dos droit, je vois que mon attention au moment de traverser la cour de récréation était déjà dans la classe, j’étais tiré en avant, comme happé par un tunnel lumineux, joyeux, essayant d’être « un bon garçon ». Je ne voyais pas les autres autour en traversant.
« Tu n’as pas fait attention »
« Tu ne fais jamais attention à ce que tu fais »

Pourtant, j’étais totalement investi dans ce que je faisais. Mon attention justement était pointue, capable d’une grande concentration, au point d’oublier le monde autour. Je peux maintenant à nouveau sentir cette attention qui part et s’enfonce dans un détail: un arbre qui bouge par la fenêtre de la classe pendant un exercice de math, et qui me fait faire une faute « d’étourderie » quand je reviens à l’exercice. Cette attention particulière qui m’a permis d’être bon élève, parce que tout était une occasion d’exploration pour mon regard curieux, mais cela me faisait aussi faire des « fautes d’inattention » quand j’étais distrait par un détail extérieur.
Avec le temps, cela m’a valu une solide réputation de « qui n’écoute pas », de distrait, de maladroit, et plus tard de « mou » et d’inactif.

L’épaule droite a été réparée, mais la répercussion du choc, je la sens encore : plus de 20 ans après, j’ai une tendance aux torticolis et une tendinite à l’épaule gauche qui revient périodiquement. Et surtout, j’avais intégré ces dialogues et comportements: « Je souffre en silence, je prends sur moi, je ne dis pas ce que je ressens, je dois me contrôler. » Et aussi ces jugements : « Je suis distrait, maladroit et apathique. » Et pour finir : « Je n’arrive pas à contrôler mes rêves. »

J’attends que ça se passe, le dos courbé, le regard fermé, dans une bulle, les jambes molles et la poitrine fermée, le plexus noué et la respiration uniquement en haut à gauche. Et je n’ai jamais joué au foot, d’ailleurs je n’ai jamais su les règles exactes et après ça, je n’ai plus voulu jouer à aucun sport collectif où il y avait un ballon. J’étais ailleurs, dans mon monde imaginaire.

Toutes ces excuses m’empêchaient de me laisser aller à ma prédilection: rêver.
Le regard ouvert, l’œil pétillant, prêt à agir, la poitrine ouverte avec une respiration ample et profonde, le ventre détendu, décompressé, et les pieds bien ancrés sur le sol.

Je re-rêve à présent cette scène: prêtant attention à l’entourage, à ce qui m’entoure, particulièrement les personnes, comme avant de traverser une route, je regarde des deux côtés, et j’avance, conscient du monde périphérique, gardant une vue globale. Et si je tombe, je dis tout de suite que j’ai mal, que je ne peux pas bouger l’épaule; la maîtresse m’emmène à part dans la classe ou à l’infirmerie pour évaluer la situation.

Et puis surtout, hors du regard du groupe autour, je prends soin de ce petit enfant effrayé qui s’est recroquevillé dans un coin, qui ne supporte pas qu’on le touche parce que ça fait mal. Je m’occupe de mon petit enfant, je le rassure: « Tu as le droit d’avoir mal et de dire que tu as mal. » Je le rassure, appelle sa mère et un docteur immédiatement. Je pose ma main sur son ventre, délicatement, et l’autre sur le dos, affectueusement. Et je laisse la maîtresse, qui est de ma famille, me poser la tête en douceur sur son cœur. Je mérite d’être aimé.

Ça fait chaud dans le ventre et la poitrine, l’estomac et le plexus, j’ai envie de mettre mes bras autour de ce corps chaud et tendre, de me laisser aller à cette étreinte, cet acte merveilleux et doux, et surtout nouveau. En faisant attention au monde autour, je peux y arriver. Je laisse mon corps s’exprimer parce que j’ai confiance en lui.

« Tu es beau, talentueux et magique et je t’aime, mon rêveur. »

Pratiques Intensives Européennes

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Les praticiens français et hollandais, en collaboration avec Cleargreen, rêvent ensemble une pratique intensive européenne au mois de mai, à laquelle il est maintenant possible de s’incrire. Les pratiques auront lieu dans les charmants paysages de l’Aubrac, dans le sud de la France (8-11 mai) et à Gulpen dans le sud des Pays-bas (10-12 mai).

Vous trouverez le formulaire d’inscription pour les deux pratiques en bas de page. Pour vous inscrire, veuillez suivre les indications suivantes:

- Remplissez le formulaire d’inscription et envoyez-le par email à valentsole@free.fr pour la pratique en France, ou à info@stichtingmot.nl pour la pratique aux Pays-bas. Il est possible de s’inscrire jusqu’au 30 avril.
- Le prix de la pratique intensive hollandaise est de 30 euros, et celui de la pratique française est de 50 euros. Veuillez payer en avance le prix de la pratique. Vous trouverez l’information nécessaire pour payer dans le formulaire d’inscription.

La pratique aux Pays-bas se déroulant durant un week-end férié, nous avons réservé à l’avance des locations. Donc, si vous vous inscrivez pour cette pratique, veuillez indiquer si vous voulez louer une des locations (pour plus d’informations sur les locations, voir plus bas). Dû au nombre limité de locations, il est recommandé de s’inscrire le plus tôt possible.

Informations sur le programme


Le thème de cette pratique jumelle est la connexion. Nous intentionnons de nous connecter avec notre entourage, entre nous, avec la Terre et le Ciel, et de créer une connexion entre différents groupes de pratique. Nous nous concentrerons sur la pratique de la vibration, du silence, et de la joie. Nous pratiquerons des passes magiques, ainsi que des exercices de rêve et de traque.
S’il vous plaît, veuillez apporter un tapis de sol, un carnet et un stylo. Pour la partie “vibration” du programme, vous pouvez amener avec vous quelques instruments de musique.


Informations sur la pratique intensive en France

Lieu : La ville d’Aubrac est situé à 10 km de Laguiole et à 30 km de l’autoroute. L’aéroport et la gare de Rodez sont à une heure de route d’Aubrac.La salle des fêtes de Saint Chély d’Aubrac est située à l’entrée du village.

Dates et horaires :

Jeudi 8 mai : 14:00-20:00
Vendredi 9 mai : 10:00-20:00
Samedi 10 mai : 10:00-20:00
Dimanche 11 mai : 10:00-21:30
Avec des pauses pour le déjeûner et le dîner.

Accès

En voiture :
A75, sortie 35, direction Aumont Aubrac, sortie 38 Marvejols / RN88, par Albi-Carmaux-Rodez

En train :
Gares SNCF les plus proches : Rodez (Aveyron - 50 km) - Aumont Aubrac (Lozère - 45 km)

Aéroport : Rodez
Signalez, si vous arrivez à Rodez par avion pour organiser un co-voiturage depuis les gares de Rodez ou Aumont Aubrac.

Si vous avez des questions ou désirez profiter du co-voiturage, envoyez un message sur la liste tenségrité@yahoogroupes.fr, ou téléphonez à Valentine, au:
05 65 47 43 41 (soirée)
06 12 19 38 37 (portable en journée)


Information sur la pratique intensive aux Pays-bas


Lieu : Sporthal Gulpdal, Landsraederweg 5, à Gulpen. La salle de pratique est d’accès facile par transport publique ou en voiture. Des bus vont directement de Maastricht et Aachen jusqu’à la station de bus de Gulpen. La distance entre la station de bus de Gulpen, la salle de pratique et les locations se parcoure à pied. Il est possible de se garer près de la salle de pratique. Il y a un aéroport à Maastricht.

Dates et horaires :
Samedi 10 mai : 12:30-20:00
Dimanche 11 mai : 11:30-21:30
Lundi 12 mai : 9:30-12:30
Avec des pauses pour le déjeûner et le dîner.

Afin de célébrer notre connexion, un dîner gratuit sera offert et préparé le dimanche soir par les praticiens hollandais.


Informations sur les locations

Nous avons loué des châlets et des caravanes à deux emplacements différents dans Gulpen. Il est possible de réserver une place dans un des châlets ou une des caravanes, il vous sera ensuite indiqué dans quel châlet ou caravane vous résidez (hommes et femmes séparés). Il y a également un camping où vous pouvez planter une tente. Châlets et caravanes sont situés à proximité de la salle de pratique.

Châlets:
• 6 personnes
• Cuisine avec plaque de cuisoon, micro-ondes et frigo.
• Disponible de vendredi après-midi 14h à lundi matin 10h.
• Coût total (incluant la taxe touristique): 220,60 euros pour 6 personnes.
• Voir aussi : http://www.heuvelland.com/aurora/

Caravanes:
• 4 personnes. 2 personnes peuvent être ajoutés en extra (elles devront amener leur prore matelas et literie).
• Cuisine avec plaque de cuisson et frigo.
• Disponible de vendredi après-midi 15h à lundi soir 18h.
• Coût total (incluant la taxe touristique): 204,50 euros.
• Voir aussi: http://www.gulperberg.nl/

Camping:
• Coût: une tente pour deux personnes/nuit = 20 euros. Et 3,50 euros de plus par personne ajoutée.
• Voir aussi : http://www.gulperberg.nl/


Hôtels, restaurants et supermarchés


Une grande variété d’hôtels, de restaurants, et de supermarchés se trouvent dans le centre de Gulpen, et sont accessibles à pied depuis la salle de pratique.


Accès et carte

En voiture:
Si vous venez de Maastricht, prenez la sortie menant à la N278 depuis l’autoroute, en direction de ‘Cadier en Keer’. Cette route vous conduira directement jusqu’à Gulpen (compter environ 25 mn).
Si vous venez de Aachen, allez jusqu’à Vaals. Depuis Vaals, prenez la N278 jusqu’à Gulpen.

Par train et bus:
Si vous arrivez à la gare de Maastricht, marchez jusqu’à la gare routière (bus station), et rendez-vous à la plateforme D. Les bus 50 (en direction d’Aachen) et 54 (en direction de Vaals) vous conduiront jusqu’à la gare routière de Gulpen.
Depuis Aachen, vous pouvez prendre le bus 50 (en direction de Maastricht); depuis Vaals, vous pouvez prendre les bus 50 et 54 (les deux vont en direction de Maastricht). Les deux bus vous conduiront jusqu’à la gare de Gulpen.

Sur la carte de Gulpen, vous trouverez des marques indiquant la gare routière, le gymnase Sporthal Gulpdal, les locations de châlets (Aurora), et les locations de tentes et de caravanes (camping Gulperberg).

Carte de Gulpen
Formulaire d'Inscription Aubrac,France
Formulaire d'inscription Gulpen,Pays-bas

03.03.2008

L'aigle poule

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Un jeune Indien se promenait seul dans la forêt.
Il trouva un oeuf d'aigle.
Croyant qu'il s'agissait d'un oeuf de poule de prairie, il le deposa
dans un nid de poule de prairie.

L'oisillon vint au monde entouré de poules.
Il se mit à marcher comme une poule, caqueter comme une poule, picorer
comme une poule.

Un beau jour de printemps, le jeune oiseau vit une chose magnifique,
c'était un immense oiseau qui s'élevait en planant dans les airs, avec
une grande élégance.

"Qu'est-ce que c'est que cet oiseau?", demanda le petit aigle élevé
parmis les poules de prairie.
"C'est un aigle, l'oiseau le plus beau de tous les oiseaux !".

Le petit aigle songea au privilège que ce devait être de pouvoir ainsi
voler avec tant de grâce.
Mais comme il savait qu'il ne pourrait jamais être un aigle, le jeune
oiseau oublia rapidement son rêve.

Il vécut toute sa vie et mourt croyant qu'il était une poule de prairie.


Conte du Folklore des Indiens d'Amérique

11.02.2008

Elevation

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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!



Baudelaire, Les fleurs du mal III

Groupe de Genève

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Tous les lundis de 18h30 à 20h30 à la salle de rythmique de l'école Saint-Jean
12 rue de Saint-Jean

Participation : Se renseigner
Contact : Maurice
meyer@risk.ch

05.02.2008

Les deux loups

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Un soir, un vieil indien Cherokee parla à son petit-fils du combat qui a lieu à l'intérieur des gens. Il lui dit :"Mon fils, le combat a lieu entre deux 'loups' qui sont en nous. L'un d'entre eux est le Mal. Il est colère, envie, jalousie, douleur, regret, avidité, arrogance, apitoiement, sentiment d'infériorité, mensonges, orgueil, supériorité et ego. L'autre est le Bien. Il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, gentillesse, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et confiance."


Le petit-fils y songa durant un instant,
puis demanda à son grand-père, "Lequel des deux loups gagne ?"

Le vieux Cherokee répondit simplement..."Celui que tu nourris".

25.01.2008

Une vérité élémentaire

04bc208813beb05791cff4afee513355.jpg« Avant que l’on soit engagé, il y a de l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours cette inefficacité. Concernant toutes les initiatives (et les actes de création), il existe une vérité élémentaire, l’ignorance de celle-ci tue les idées et les plans les plus splendides : Au moment où l’on s’engage complètement, la Providence elle aussi commence à bouger. Toutes sortes de choses se produisent pour nous aider, des choses qui autrement ne seraient jamais arrivées. Un torrent entier d’événements découlant de cette décision ont lieu en notre faveur sous la forme d'aide matérielle, de rencontres, et d’incidents inopinés, que l'on n’aurait jamais pu rêver arriver de cette façon. J’ai un grand respect pour un couplet de Goethe, où il dit :

Quoi que tu puisses faire ou rêver de faire, démarre-le.
L’audace a du géni, du pouvoir et de la magie !
»


W.H. Muray
The Scottish Himalayan Expedition

20.01.2008

Le Voyage

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Un jour tu as finalement su
Ce que tu avais à faire et à commencer,
Bien que les voix autour de toi
Te hurlaient encore
Leurs mauvais conseils-
Bien que toute la maison
Ait commencé à trembler
Et que tu aies encore
Ce boulet à ta cheville.
« Répare ma Vie ! »
Pleurait chaque voix.
Mais tu ne t’es pas arrêté.
Tu savais ce que tu avais à faire,
Bien que le vent attaquait
De ses doigts obstinés
Les fondations les plus intimes,
Bien que leur mélancolie
Etait atroce.
Il était déjà assez tard,
La nuit était déchaînée,
Et la route pleine de branches tombées
Et de pierres.
Mais petit à petit,
Comme tu laissais les voix derrière,
Des étoiles ont commencé à briller
A travers le manteau de nuages,
Et il y a eu une voix nouvelle
Que tu as lentement
Reconnue comme étant la tienne,
Qui t’a tenu compagnie
Tandis que tu arpentais à grands pas
Le monde, de plus en plus loin,
Déterminé à faire
La seule chose que tu pouvais faire-
Déterminé à sauver la seule vie que tu pouvais sauver.



Mary Oliver

07.01.2008

Intensif Européen

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En cette première nouvelle Lune de l'année, nous avons le plaisir de vous proposer un intensif européen Nord-Sud, organisé conjointement avec les praticiens hollandais.
Cet intensif aura lieu en France et en Hollande, pour le pont du 8 mai en France (8-11 mai), le lundi 12 étant le lundi de Pentecôte.


Partie "Sud" - Sud de la France :

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Le lieu est l'Aubrac, qui signifie "lieu élevé", situé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle reliant la Hollande à l'Espagne.




La ville d'Aubrac est accessible en voiture (30 km de l'autoroute) et se situe à une heure des gares et aéroports (gare et aéroport de Rodez ; possibilité de co-voiturage depuis la gare ou l'aéroport en fonction des disponibilités de chacun).

Programme de la pratique :
Jeudi 8 mai : 14h - 20h
Vendredi 9 mai : 10h - 20h
Samedi 10 mai : 10h - 20h
Dimanche 11 mai : 10h - 21h30

Le prix de la pratique sera calculé en fonction du nombre de participants et n'excédera pas 10 euros par jour.

Contact pour la France : Valentine
valentsole@free.fr
05 65 47 43 41 (ou) 06 12 19 38 37

Pour vous inscrire, envoyez un mail à Valentine qui vous renverra un pack contenant toutes les indications concernant les situations d'accès et les conditions de logement sur place (nombreux gîtes, chambres d'hôtes et hôtels).

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Partie "Nord" - Sud des Pays-Bas :

737719f779786d83604957435055d85a.jpgCette pratique intensive se tiendra au Sud des Pays-Bas, près de l'endroit où l'Allemagne, la Belgique et la Hollande se rejoignent. C'est pourquoi cet endroit est aussi appelé Drielandenpunt, "lieu des trois pays".
Information en français

Programme de la pratique :
Samedi 10 mai : 12h30 - 20h00
Dimanche 11 mai : 11h30 - 21h30
Lundi 12 mai : 9h30 - 12h30

Le dimanche 11 et le lundi 12 mai sont fériés en Hollande, en Allemagne, en Belgique et en France.

Accès et logement :
Le lieu de la pratique se situe à la frontière de Gulpen, un village hollandais, proche de la nature. 6746fd3b7c4a447ca18c35f2f46526f2.jpg

La salle de pratique peut accueillir plusieurs centaines de personnes et peut être divisée en deux parties. Il y a suffisamment de places de parking et la station de bus est également proche du lieu de la rencontre, des logements, ainsi que des restaurants. Tout est accessible à pieds. Nous prévoyons de louer des chalets pouvant accueillir 6 personnes par chalet, ils sont équipés d'une cuisine et d'un salon.

Voir les chalets : http://www.heuvelland.com/aurora/

Le prix est de 190 euros pour 6 personnes de vendredi après-midi 14h au lundi matin 10h. D'autres possibilités de logement sont envisageables.

Contact - inscription à la pratique (en français et en anglais) :
Liesbeth taish@orange.nl

Contact - réservation en chalet (en anglais) :
Geert g.heidema@hb.unimaas.nl

Contact pour la Hollande (en français) :
Colline xicopini@yahoo.fr

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Avec affection

Geert, Arthur, Liesbeth, Valentine, Lucie, Colline

08.12.2007

Devenir responsable

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Voici le schéma que j’ai découvert : je dois prendre la pleine responsabilité de ma vie et de mes actions. Je ne peux pas me cacher derrière des excuses comme « je ne sais pas quoi faire », ou « c’est injuste ». Il s’agit d’être totalement présent et en pleine conscience – ce qui veut aussi dire pour moi intervenir verbalement, me mettre en avant.

Mon intention pour 2007 était de ne garder aucun secret. J’ai posé l’intention d’exposer tous mes secrets, de me vider. Et je sens que c’est ce que j’ai fait. Cette année a été très intense et très importante pour moi. Elle a fait partie d’une immense vague continue liée au fait de mûrir, et maintenant je ne ressens plus que de la gratitude, une profonde gratitude.

Il y a plus de dix ans, j’avais une petite amie italienne nommée Johanna que j’avais rencontrée durant les vacances. Elle était très honnête, lumineuse et pleine de fraîcheur. Elle était poète et adorait la musique. Au début, après être rentré de mon voyage en Italie avec mes amis, je décidai de ne pas poursuivre la relation avec Johanna mais, après 6 mois, nous commençâmes à nous écrire des lettres, et je décidai de la revoir. A partir de ce moment, nous nous vîmes tous les deux ou trois mois. Cependant, après quelques-uns de ces voyages, je sentais que la relation n’avançait pas et que nous espérions tous les deux quelque chose dont nous ne pourrions jamais jouir complètement.

Puis une nuit, Rose, une amie, vint chez moi – nous nous connaissions depuis plusieurs années et elle avait toujours voulu sortir avec moi. Cette nuit là, nous avons bu et avons fini par coucher ensemble. C’est ainsi. Après cela, elle partit immédiatement ; je me sentais complètement misérable – bien que sur le moment je n’ai pas pris conscience de à quel point je me sentais misérable. Aujourd’hui, je peux me souvenir de comment mon corps a réagit au moment où nous faisions l’amour, car tandis que nous nous tripotions, haletant, une voix me disait, « Qu’est-ce que tu fais ? Tu n’en as pas envie… »

Ainsi, j’avais une liaison, comme on dit. Rapidement, Johanna remarqua que quelque chose n’allait pas au cours de nos appels téléphoniques. Finalement, j’allai la voir pour tout lui raconter. Elle était blessée et choquée, mais elle avait plus ou moins deviné ce qui s’était passé étant donné la nature de mes coups de fil et de mes lettres. Je lui dis que mes sentiments envers elle n’avaient pas changé mais nous décidâmes d’attendre quelques semaines pour voir comment les choses allaient se développer, et je retournai chez moi. Deux semaines plus tard, Johanna vint me rendre visite. J’avais arrêté ma liaison avec Rose, réalisant que j’avais fait une grosse erreur, voyant également que bien que j’ai de l’affection pour elle, je ne voulais pas d’une relation sérieuse.

Lorsque Johanna arriva, nous commençâmes à nouveau à examiner ensemble ce qu’il en était de notre connexion, essayant de voir s’il était possible de développer notre relation, ou si nous devions décider de la terminer. Mais, d’une certaine façon, au cours de ces deux semaines, nous nous rapprochâmes l’un de l’autre. La connexion que nous avions était très précaire, elle pouvait se briser ou être facilement perturbée. Je savais que Johanna avait été très blessée par ma liaison et qu’elle avait peur de souffrir à nouveau.

Une nuit, alors que le voyage de Johanna tirait à sa fin, nous allâmes voir jouer des amis à moi, et nous passâmes un moment fabuleux. Nous sentions qu’existait entre nous une connexion pleine de chaleur et d’affection, nous étions vraiment heureux, sachant que ce qui se trouvait en face de nous était inconnu. Alors que nous revenions chez moi, je vis Rose, assise devant ma porte, en train d’écrire un mot pour dire qu’elle était passée me voir. Elle travaillait dans un restaurant, et durant notre liaison, elle avait l’habitude de venir tard dans la nuit, souvent bourrée. Là, elle n’était pas bourrée, mais en marchant vers la porte de chez moi, je ressentis une grosse angoisse à l’idée d’une rencontre entre Johanna et Rose.

Je savais qu’une telle rencontre allait probablement les blesser toutes les deux, et Johanna plus particulièrement. Après cette nuit, j’ai souvent pensé que j’aurais dû continuer à rouler pour dépasser ma maison afin d’éviter cette rencontre – elle n’était pas nécessaire et avait causé beaucoup de souffrances. Néanmoins, il était trop tard pour ça. Nous rentrâmes à l’intérieur et commençâmes à parler. Nous parlâmes de là où nous en étions, de ce que nous voulions chacun, et de ce qui devait être décidé. J’avais déjà pris la décision de cesser ma liaison avec Rose et je voulais sauver ma relation avec Johanna, mais une fois assis, à parler en compagnie de Rose, rien ne sembla plus être si clair que ça.

Johanna resta en retrait, ne parlant presque pas, et Rose ria, en disant de manière un peu agressive que j’étais stupide d’avoir choisi Johanna plutôt qu’elle.
Pendant tout le temps où elle parla, je restai paralysé. J’étais assis là, ne sachant pas quoi faire. Je savais que je voulais continuer avec Johanna, mais même cet horizon était devenu tout à coup nuageux et brumeux dans mon esprit plein d’incertitude et de doutes. Je sentais que d’une certaine façon j’avais déjà foutu en l’air ma relation avec Johanna, je l’avais trop durement blessée, j’avais pollué notre relation si « pure » - tout un tas d’excuses que j’entendais courir à travers mon esprit et qui m’empêchaient de prendre la parole, qui m’empêchaient d’être là et de dire ce que je voulais dire.

J’étais assis là, la tête dans les mains, me disant à moi-même : « Qu’est-ce que je dois faire ? Je ne sais pas quoi faire, je ne suis pas préparé pour ça, je n’y arrive pas. » Et pour être honnête, je n’étais pas préparé. En regardant en arrière depuis une autre position de mon point d’assemblage, je vois que bien que j’aurais dû être mature à cette époque, c’était la première fois de ma vie que je devais parler et prendre une décision entraînant de lourdes conséquences, pas seulement pour moi mais aussi pour deux autres personnes.
Et je ne l’ai pas fait.

Après environ deux heures de discussion, Rose me demanda de choisir entre elles, et que je devais la choisir elle. Et c’est ce que je fis.

Aujourd’hui encore, après avoir revue cette histoire plusieurs fois, je ressens l’impact que cet acte a eut sur mon corps, et je vois comment un sombre nuage s’installa au-dessus de Johanna et moi. Johanna était dévastée, et étrangement, je me sentais engourdi, comme si une grosse part de moi-même n’était pas là. Le matin était arrivé et Johanna décida de repartir chez elle immédiatement. Je l’accompagnai à la gare – nous nous séparâmes.

Donc, là se trouve le schéma. Je me sens dépassé, bouleversé, je sens que c’est trop, je me dis que je ne peux rien faire, et pourquoi est-ce que ça m’arrive, pourquoi personne ne m’aide, etc., et mon corps est gelé.
J’avais déjà découvert ce schéma au cours d’autres traques – particulièrement le sentiment de se sentir dépassé. Et ce n’était pas la première fois que je réagissais ainsi, mais c’était la première fois que cela avait de telles conséquences sur d’autres personnes. Depuis que j’avais identifié ce schéma, je voulais en sortir. Je voulais m’ouvrir, être libre.

Il y a un an, durant les classes du Corps Intégré à Amsterdam, j’ai réalisé une fois encore à quel point ce schéma était aussi connecté au fait d’être fermé. De ne pas me montrer – et bien que cela soit douloureux, je devais changer ça afin d’évoluer. Je sens que cette ligne de traque, en connexion avec d’autres, a été présente à la fois dans le fait de traquer mes peurs et dans celui de traquer mon rapport au sexe, au genre et au pouvoir.

Donc, ne pas avoir de secrets avait aussi pour but d’ouvrir mon être à toutes mes peurs et tous mes secrets afin d’être libre. Afin d’être libre.

Il y a quatre ans, j’ai décidé que j’avais une dette à payer, j’avais une affaire qui n’était pas finie. Je suis allé au séminaire de Vérone, et après cela je suis retourné dans tous les endroits où j’ai été allé avec Johanna, et que je n’avais pas vus depuis dix ans. C’était le premier pas. Un an plus tard, je suis parti sur la piste de Johanna – elle vivait à Miami, était chercheuse et médecin dans un hôpital. Mais je savais que les blessures que je lui avais infligées étaient toujours là et je devais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour y remédier. Créer une ouverture et laisser ces sentiments et ces émotions sortirent, pour elle et pour moi, mais encore plus pour elle.

Alors, très précautionneusement, je l’ai contactée, en lui disant au début que je ne voulais pas faire intrusion dans sa vie. Elle réagie avec beaucoup d’enthousiasme, et je décidai d’aller la voir. Je pris un avion pour Miami. Elle vint me chercher à l’aéroport, et nous parlâmes un peu pour prendre la température. Elle semblait être une femme accomplie, heureuse et forte. Elle était avec quelqu’un et sa vie était épanouissante. J’allai à mon hôtel et nous convînmes de nous voir le matin suivant pour prendre le petit déjeuner ensemble. Je lui dis qu’il y avait quelque chose dont je voulais lui parler.

Le matin suivant, je lui dis que lorsque j’avais pris ma décision des années plus tôt, j’avais fait une énorme erreur, peut-être la plus grosse de ma vie. J’étais conscient de l’avoir beaucoup blessée et j’avais aussi ressenti cette blessure dans mon propre cœur. Mes sentiments envers elle n’avaient jamais changé depuis le premier jour où nous nous étions rencontrés, et j’aurais souhaité ne jamais avoir fait cette erreur.
Elle commença à pleurer.

Elle pleura, puis ria, puis pleura à nouveau. Ensuite, elle me dit qu’elle avait attendu ces mots depuis tout ce temps, que ces mots étaient très importants pour elle, et qu’elle savait. Après un moment, elle s’arrêta de pleurer et me raconta comment ça s’était passé pour elle après son retour en Italie – comment elle s’était complètement renfermée sur elle-même, comment elle avait sombré dans la dépression, et comment elle n’avait pu avoir de relation amoureuse pendant des années.
Elle parla et me raconta tout, tout ce que je savais déjà plus ou moins, mais c’était merveilleux de pouvoir l’entendre de sa bouche. Nous parlâmes jusqu’à ce que nous ayons fait ensemble tout le tour de notre histoire.

Je ne suis resté que deux jours à Miami, avant de reprendre l’avion. Après cela, nous eûmes encore quelques contacts, toujours ouverts et plein d’affection. Aujourd’hui Johanna est une heureuse femme mariée, et elle est mère d’une petite fille.

Durant toutes ces années, Johanna avait gardé notre connexion à l’état neuf. Elle avait attendu – sans enterrer ses sentiments sous une épaisse couche de forme humaine, et elle était déjà prête au moment où je l’ai été. J’ai été très chanceux, et je suis très connaissant d’avoir eu cette chance extraordinaire.77f5717b263358edf80d7c8f8380131e.jpg

10.11.2007

Magique

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"Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit !

Il montra les objets en forme de cornets acoustiques.
- Il s'agit de siphons à Joncheruines - pour débarrasser le penseur de tout ce qui pourrait le distraire de son environnement immédiat. Ce que vous voyez là, poursuivit-il en pointant l'index sur les ailes minuscules, ce sont des ailes de Billywig destinées à élever l'esprit. Et enfin - il désigna le radis orange -, une Prune Dirigeable, pour étendre sa capacité à accepter l'extraordinaire. "


J.K. Rowling, "Harry Potter et les reliques de la mort"

(dessin : la maison de xenophilius Lovegood)

06.11.2007

Ya pas de hasards

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04.11.2007

Hark !

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podcast


Hark ! Hark ! Each Tree its silence breaks,
The Box and Fir to talk begin !
This in the sprightly Violin,
That in the Flute distincly speaks !
'Twas Sympathy their list'ning Brethen drew,
When to the Thracian Lyre with leafy Wings they flew.

Ecoutez ! Ecoutez ! chaque arbre rompt son silence,
Le buis et le sapin commencent à converser !
L'un s'exprime au travers du violon sémillant,
L'autre, dans la flûte, parle différemment !
Ce fut unis comme des frères par une même sympathie
Qu'ils s'envolèrent, avec des ailes feuillues, au son de la Lyre de Thrace.


Musique de Henry Purcell, Paroles de Nicholas brady

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